Avons-nous peur du noir ?


Mozaïque-intervenants

SAMEDI 5 MARS
14h > 18h – Grand Varia
Journée particulière, dans le cadre du spectacle ARANCE / Avoid shooting Blacks / Pietro Marullo

La migration est une des grandes questions de notre siècle. Elle n’est pas qu’européenne et elle n’est pas nouvelle. Elle concerne l’humanité tout entière et se modifie au cours du temps. De l’histoire des migrations à la place et l’image des Noir(es) dans la société, du regard croisé entre Europe/Afrique à l’émergence d’une nouvelle Afrique, nous en débattrons.

Hegel Goutier, modérateur de la journée.
Est directeur et rédacteur en chef de l’agence Grand Angle Press & Prod. Il est également le Chef du bureau de Bruxelles de People TV, le producteur des émissions Business Africa et Initiative Africa. Après des études scientifiques et après avoir travaillé dans divers laboratoires (Hôpitaux universitaires de l’Université Catholique de Louvain et comme professeur de Microbiologie à l’Ecole d’infirmière de l’Association Catholique de Nursing), il entame une deuxième carrière, celle de chroniqueur scientifique. Il passera de nombreuses années à Radio France Internationale, collabore à de nombreuses publications comme L’Echo de la Bourse, Belgian Economic Journal, Pharma news. Il a été récemment directeur et rédacteur en chef de la revue Le Courrier spécialisé dans les relations ente les pays d’Afrique-Caraïbe-Pacifique et l’Union Européenne. De 2000 à 2005, il a assumé la fonction de porte-parole du Secrétaire Général et Chef du Service de Presse du Groupe des Etats d’Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP).

INTERVENTIONS DE :

Ken Ndiaye : Europe / Afrique, regards croisés.
Est socioanthropologue et artiste, collaborateur scientifique, pédagogique et culturel d’institutions, telles que le Musée royal de l’Afrique centrale ou la Coopération Technique Belge. Très actif dans différents réseaux associatifs, il développe une réflexion qui se nourrit d’une position charnière entre les sciences sociales et le monde des institutions socioculturelles et politiques, en lien avec les questions de migrations, de diasporas, de cohabitation urbaine et d’identité. Il est fondateur de L’Horloge du Sud, une brasserie culturelle bruxelloise dédiée à la convivialité citadine, aux échanges littéraires et artistiques et à la réflexion sur les relations internationales d’aujourd’hui.

Depuis quelques mois, le thème des migrations a balayé de nos espaces politiques et médiatiques toute autre préoccupation sociétale.

Les discours et les réactions revêtent des formes quelquefois irrationnelles, conférant à ces déplacements humains le caractère d’un champ que l’on croirait quasi inexploré. Certains y voient ou pronostiquent même la plus grave « crise » migratoire de l’histoire européenne. Pourtant, les recherches archéologiques, anthropologiques, sociologiques, linguistiques, historiques,… confirment régulièrement la mobilité géographique comme dimension essentielle de l’homme dans sa relation à l’environnement. L’expansion de l’humanité s’est faite à ce prix.

Mais, le modèle de l’arbre demeure fortement prégnant dans les perceptions. L’homme est et doit demeurer enraciné, socialement bien sûr, mais, surtout, géographiquement. Même si le « continent-mère » des diasporas semble marginalement concerné par ces derniers flux, au regard des statistiques actuelles, l’Afrique demeure encore au cœur des discours. Toujours hautement problématisée, par sa situation géographique, son intérêt stratégique, à divers titres, ses populations phénotypiquement symboles d’altérité radicale, sa fécondité que tous les prévisionnistes annoncent « explosive » pour les décennies à venir et, bien sûr, ses liens historiques, avec l’Europe, d’échanges, de dépendance, d’exploitation, de désirs,… dont la complexité est loin de s’estomper.

Grégoire Byogo : Histoire des migrations.
Est philosophe, égyptologue, politologue, méthodologue et philologue. Il a à son actif 45 livres, 40 préfaces, est Lauréat de la Sorbonne et Lauréat de la Pléiade. Reconnu savant. Elève et continuateur du savant Cheikh Anta Diop et de Jacques Derrida. Il est Directeur des Formations doctorales, professeur d’épistémologie et de méthodologie de la recherche (Université Paris Est) et de géopolitique du pétrole au Centre Universitaire Européen de Management (CUEM, FRANCE), Chercheur et professeur associé au Laboratoire de Logique de Paris 8. Il est égalment Directeur de thèses et professeur de Lettres, d’égyptologie, de philosophie égyptienne à l’Université Omar Bongo au Gabon.

Bwanga Pilipili : la place et l’image des Noir(es) dans la société
Cette actrice est encore en formation à l’Insas lorsque Nathalie Uffner lui propose de jouer Les Monologues du Vagin d’Eve Ensler et du même auteur, un texte inédit : Guide de survie d’une adolescente face à l’esclavage sexuel. C’est à Bukavu qu’elle rencontre l’auteur mondialement connue qui mène un combat acharné pour soutenir les femmes victimes de viol et de violences dans le monde entier. Elle y rencontre également la Belgo Congolaise Christine Schuler-De Schryver vice-présidente de la Fondation Panzi qui a ouvert La Cité de la joie, un refuge pour les femmes victimes de viols, dont le but, au-delà de leur reconstruction, est de leur permettre de se transformer en leaders d’opinion.

C’est lors du tournage d’une série que Bwanga Pilipili passe une audition et est retenue pour jouer le rôle de Pauline Lumumba dans Une Saison au Congo d’Aimé Césaire, mis en scène par Christian Schiaretti au TNP de Villeurbanne. A la même période, elle rencontre Milo Rau, de l’International Institute of Political Murder et reprend le rôle de Valérie Beremeki, journaliste à la RTLM – la Radio-Télévision Libre des Mille Collines tristement célèbre pour avoir été l’outil de propagande et d’incitation au génocide des Tutsis au Rwanda- dans la pièce documentaire Hate Radio. Le spectacle est en tournée depuis 2013 et a été présenté dans une trentaine de pays.

Augustin Izeidi : Une nouvelle Afrique
C’est après une rencontre en 1989 avec Mahamat Haroun que Augustin Izeidi crée, en 2006, friendlyfoot asbl déjà actuellement opérationnelle en Belgique, au Tchad et en République Démocratique du Congo, pour venir en aide à des jeunes défavorisés via le sport et principalement le football. En 2009, les deux acolites lancent le magazine Le Nouvel Afrique. Leur philosophie est de mettre en valeur des personnes qui réussissent dans leur activité professionnelle et montrer les richesses de l’Afrique pour faire évoluer les mentalités et éliminer les préjugés.

Jean-Séraphin Kepguep
Est inventeur de la station solaire servant à l’électrification collective dans les zones plus isolées du monde. Après des études en Génie Géologique et en Génie Pétrolier à l’Université technologique de Delft en Hollande, puis une année d’échange en Ingénierie minière à Liège, il retourne sur ce qui l’intéresse vraiment : L’ENTREPRENEURIAT SOCIAL ET SOLIDAIRE. Il coache des jeunes entrepreneurs et accompagne les grandes entreprises et organisations dans leurs projets à impact social et impliquant les technologies renouvelables. Depuis 7 ans, il offre de nombreuses conférences sur le commerce inclusif, participe à des rencontres mondiales sur l’entrepreneuriat social et le développement durable et collectionne des prix sur l’invention des technologies et conception des solutions créatrices d’opportunités entrepreneuriales.

Baruti Kandolo Lilela dit “ BARLY BARUTI ”
Est né à Kisangani en République Démocratique du Congo dans une famille des peintres. Il met ses domaines d’activité – bande dessinée, peinture et musique – au service de la réinsertion sociale de jeunes en Afrique. Il mène depuis 1980 des animations d’ateliers graphiques et stages de BD en dans des centres culturels français et centres Wallonie-Bruxelles à Kisangani, Kinshasa (RDC) ; Bamako (Mali) ; Dakar (Sénégal) ; Alger (Algérie) ; N’Djamena (Tchad) ;Niamey (Niger) ; Libreville(Gabon); Djibouti (Djibouti); Douala (Cameroun),Tananarive (Madagascar), l’Ecole Internationale de Bordeaux (France)

Oscar Kombila
Est Président de l’asbl Raffia Synergies. Cette asbl a été créée en 2004 par des personnes partageant la conviction qu’une nouvelle approche du développement des pays du Sud et du « vivre ensemble » en Europe est à la fois possible et nécessaire. Possible parce que des populations minoritaires sont devenues progressivement « visibles » et que nombreux deviennent des acteurs importants de notre nouvelle société européenne. Nécessaire parce que la création des conditions d’une vie commune conviviale et propice à la paix sociale constitue un impératif incontournable. L’asbl a pris le raphia comme symbole de sa volonté de participer au renforcement des liens sociaux en Belgique et à celui de la solidarité euro-africaine. Fibre de palmier, le raphia représente la   solidité, la rencontre et tisse des liens. L’asbl a organisé La Table ronde sur les indépendances africaines (2011) qui a permis à des économistes, des historiens, des diplomates et des chefs chef d’entreprises de faire le point sur les évolutions socioéconomiques du continent africain depuis 1960 ; Les Convergences Professionnelles Africaines Africains (2008-2014) : dix-huit rencontres de réseautage qui avaient pour but le renforcement réciproque et l’échange d’expériences professionnelles et qui ont abouti à la création du Club des Professionnels Africains, et le Festival du Livre, des Arts et des Cultures du Sud (FLACS 2015), avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Jean Hamado Timetoré
Né au Burkina Faso, cet acteur est diplômé du centre de Formation et de Recherche en Arts Vivants de Ouagadougou (CFRAV) et suit le Master Conjoint Européen Erasmus Mundus en Arts du spectacle. En 2005,  il rencontre Amadou Bourou, grande figure du théâtre et du cinéma burkinabè, décédé en 2000 et devient son assistant au sein de la compagnie Feeren pour les créations Les Propos Coupés Décalés d’un Nègre Presque Ordinaire, Le geste des étalons (premier spectacle équestre de l’Afrique de l’Ouest), Sarzan de B.Diop, Dllka, spectacle en Mooré (langue du Burkina), Pylade de Pasolini. Il signe ensuite ses propres mises en scène : Demain c’est dimanche, Joyeux Noël maman, A la vie à la mort. Sa recherche s’articule autour des questions de l’identité et de l’altérité dans les pays francophones post-coloniaux. Il est également le metteur en scène et scénographe de M’appelle Mohamed Ali de Dieudonné Niangouna, avec Etienne Minoungou, et joue dans Arance. Il vit aujourd’hui à Lecce, en Italie.

Avec la participation exceptionnelle du cartooniste Yakana

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