Les BORDS DE SCÈNE sont un moment de rencontre après spectacle, entre le public et les artistes. Lors de ces soirées, les étudiants peuvent aller voir le spectacle pour seulement 5€ !

BORD DE SCÈNE avec le Collectif Transquinquennal autour de Philip Seymour Hoffman par exemple
À l’issue de la représentation du MERCREDI 13 DÉCEMBRE

Fondé en 1989 par Bernard Breuse et Pierre Sartenaer (qui s’est retiré ensuite), le collectif est composé aujourd’hui de Bernard Breuse, Stéphane Olivier, Miguel Decleire et Brigitte Neervoort.
Chez Transquinquennal, le mot « collectif » prend toute son ampleur. C’est à la faveur de discussions constantes et ininterrompues que naissent leurs spectacles, qui sont, en quelque sorte, des prolongations de réflexions entamées dans un collectif plus large encore, qui rassemble acteurs, performeurs et spectateurs. Le Collectif aborde des textes d’auteurs contemporains avec respect et liberté mais n’hésitent pas non plus, dans un grand écart assumé, à aller puiser sur le Net des choses absurdes et étranges du moment qu’elles peuvent devenir un élément de réflexion et un sujet d’étonnement. Au cœur de leur démarche, il y a souvent une contrainte, une contrainte stimulante, et un doute, une remise en cause de l’ordre établi.

Philip Seymour Hoffman, par exemple signe la deuxième collaboration entre Transquinquennal et le dramaturge, acteur et metteur en scène argentin Rafael Spregelburd. L’univers de ce dernier se fond comme par enchantement dans celui du collectif bruxellois. Non seulement il rejoint son goût pour un humour kamikaze et centrifuge, mais il offre des mises en perspectives ludiques de la fiction, avec des personnages qui n’en sont pas, des acteurs qui peuvent endosser plusieurs rôles à la fois, des scènes jouées en simultané, etc.

Cette pièce qui qui interroge notre rapport au réel, à l’illusion et à l’image de soi pose plusieurs questions. Qui de l’extérieur peut réellement savoir ce qui se passe à l’intérieur de moi ? Qu’est-ce que le réel et de quelle façon perçoit on la réalité ? Qui suis-je au regard des autres ? Qui suis-je l’on me prend pour un autre et que nul ne croit ce que je dis et pense être ? « Je » serait-il une fiction, un grand mystère inutile et le réel idiot ?

BORD DE SCÈNE avec Claudio Bernardo autour de So20
À l’issue de la représentation du MARDI 19 DÉCEMBRE

Claudio Bernardo, régulièrement présenté comme « le plus belge des chorégraphes brésiliens » se singularise par les échos que ses différentes pièces font résonner entre elles, forgeant une identité forte et clairement reconnaissable. Son travail s’inspire de la littérature, du théâtre, la musique du cinéma ou des arts plastiques. Posant un regard humaniste, voire parfois anthropologiste sur l’Homme, centre de l’univers, en perpétuelle quête d’un espace entouré de symboles, le chorégraphe questionne les connexions entre chair et esprit et se sert de la danse pour tendre un pont et rendre tangible cet échappement de la matière. Claudio Bernardo a créé une véritable cosmogonie, évoquant l’âpreté et la violence des rapports humains, la place de l’humain au milieu de l’univers, les conséquences et la symbolique de leur comportement.

So20 dans lequel Claudio Bernardo se présente, seul, dans un décor dépouillé, face au public signe les 20 ans de sa compagnie As Palavras (« les mots » en portugais). En ranimant les archives de ses anciens spectacles, en regardant des photos, en reproduisant ici un pas, là un mouvement, en feuilletant ses cahiers de création, en conviant Kafka, Pasolini, Guilleragues, Rilke… – des auteurs qui ont nourri les fondements de son travail -, et ses proches collaborateurs qui l’ont accompagné au cœur de ses recherches, Claudio Bernardo nous offre un spectacle comme il nous ferait un don. Il nous livre sans partage cette passion de la danse dont il brûle encore comme au premier jour, pour nous la laisser tout entière…

Quelle nouvelle histoire va s’écrire en rouvrant ainsi les tiroirs de sa mémoire ?

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