BORD DE SCENE – LES EVENEMENTS

 

Le jeudi  20 avril,  la représentation sera suivie d’un bord de scène avec Romane Bohringer et Matthieu Sampeur (les deux comédiens) ainsi qu’avec Ramin Gray et  Yves Storper (le metteur en scène et son assistant).
Ce temps d’échange et de débat sera l’occasion de revenir sur le sujet de la pièce et de parler de la forme particulière de ce spectacle qui convie sur scène une chorale différente chaque soir de représentation.

Tout acte théâtral tourne autour d’une transaction entre deux communautés : les acteurs sur scène et la communauté improvisée qui compose ce que nous appelons un public. Quand Anders Breivik a tué 77 personnes en Norvège en juillet 2011, son geste pour détruire une communauté a simultanément et involontairement galvanisé d’autres communautés partout dans le monde. De la simple manifestation de peine et de chagrin à l’écriture et à la représentation de cette pièce, en passant par les tonnes de témoignages, débats enflammés, processus judiciaires, analyses psychiatriques, il est clair que nous avons besoin de tourner et retourner ce genre d’événement pour essayer de comprendre. Et bien sûr, le meilleur forum pour ces efforts de compréhension reste l’espace public et commun du théâtre. Mais se pourrait-il, comme le suggère David Greig, que certaines choses échappent au domaine du compréhensible ?

(…) Dans la pièce, le personnage fictif du ‘Garçon’ inventé par David Greig cristallise beaucoup de ces jeunes hommes déconnectés qui semblent commettre ces actes, tandis que le besoin de comprendre obsessionnel de Claire semble nous tendre un miroir à nous, public, et à notre besoin de clore et tourner la page. De nombreuses pièces, depuis le Choeur des Vieillards de l’Orestie, ont trouvé les moyens d’incarner sur scène la communauté, soulignant ainsi le rôle central du théâtre dans la vie de la cité. (…) D’où l’idée d’inviter une chorale locale à nous rejoindre sur scène chaque soir partout où nous jouons pour faire l’expérience directe du combat pour non seulement digérer mais aussi incarner ce qui est en jeu. (…) Ramin Gray, juillet 2013 (publiée en anglais avec le texte aux éditions Faber and Faber)

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