La saison en bref.

Tout nu…

Thierry Smits ouvre la saison dans son studio de la rue Saint-Josse avec Anima Ardens. Onze hommes dans une nudité constante et sous une lumière crue se livrent à une danse qui fait ressurgir les soubassements d’un monde oublié.

La nouvelle création de De facto – Antoine Laubin et Thomas Depryck – sent la promesse éternelle, l’annonce d’un futur exclusif, une danse qui commence les yeux dans les yeux, en oubliant les autres : Il ne dansera qu’avec elle.

Claudio Bernardo invite à passer une soirée entre adultes au Giovanni’s Club. Sur les notes de Mozart et différentes musiques, il défait les mailles de fer des icônes masculines et déverrouille les émotions muselées.

Jean Boillot signe avec Les Animals un spectacle sans entracte à partir de deux courtes pièces d’Eugène Labiche. Les parasites s’incrustent dans la maison, les robes à crinoline entravent les pulsions, les collets montés se jouent des conventions.

Kristien De Proost est très Au courant d’elle-même. Sur un tapis roulant, elle dresse la cartographie minutieuse de son apparence extérieure et de son for intérieur.

Or not tout nu…

Avec Axel Cornil à l’écriture et des nouveaux partenaires de jeu, Guillaume Kerbusch, Valentin Demarcin et la jeune compagnie Trou de Ver mettent en scène un ado mi Narcisse, mi Echo, qui est en pleine mutation : Jean Jean, ou on a pas tous la chance d’être cool.

Benoît Verhaert et le Théâtre de la Chute s’emparent de Molière et font un gros plan sur les rapports entre Dom Juan et Sganarelle. Le spectacle fera l’objet d’un volet interactif à destination des jeunes qui portera sur l’art du dialogue.

Ben Hamidou reprend Sainte Fatima de Molem, l’histoire savoureuse de sa combattante grand-mère qui a su lui transmettre les saveurs de la tradition et les atouts de la modernité.

Avec Après nous les mouches, Stéphane Bissot voyage dans les zones de son enfance et de sa saga familiale, où la vie et la mort s’enlacent et s’embrassent.

Selma Alaoui adapte Apocalypse Bébé, roman de Virginie Despentes, prix Renaudot 2010. Sur fond de polar, les codes d’une société complexe, multiforme, en panne de renouvellement, sont décapés à vif.

Dans le contexte d’un monde qui bat de l’aile, comment garder l’Axe qui nous tient droits ? Agnès Limbos et Thierry Hellin s’y emploient avec tenacité.

Et si, plutôt que de s’accrocher aux branches de notre ancien lustre, on repartait à zéro ? Dans Germinal, Halory Goerger et Antoine Defoort fabriquent littéralement un nouveau monde.

L’homme reste un mystère. La reprise de Woyzeck de Georg Büchner, dans la mise en scène de Michel Dezoteux, nous le rappelle.

On a le vertige avec Contractions de Mike Bartlett, pièce que Marcel Delval met en scène et qui traite des rapports de domination et de dépendance au travail entre femmes.

Pourquoi exterminer ceux qui ont pour projet de vivre en paix et de profiter de la vie ? Les Événements de David Greig bien qu’antérieure aux tueries qui ont ébranlé nos contrées, pose cette question dans la mise en scène de Ramin Gray.

La liberté individuelle est une échappée belle qu’il faut aller chercher. Elle est au coeur d’Hyperlaxe de la Compagnie Te Koop – Sophie Leso et Nicolas Arnould -, et de Summer (Time !) de la Troupe du Possible dirigée par Farid Ousamgane.

Au mois de mai, le Kunstenfestivaldesarts prend ses quartiers avec une programmation encore inconnue et la création déjà annoncée de Transquinquennal, sur un texte commandé à l’auteur argentin, Rafael Spregelburd : Philip Seymour Hoffman, par exemple, une pièce où les histoires s’emboîtent comme dans des poupées russes.

A découvrir encore trois concerts : le trio Tibidi qui recompose des airs connus ; Benoît Peeters qui ressuscite le poète Paul Valéry dans le cadre du festival Ars Musica, et une soirée consacrée au Hip-Hop.

Et deux rendez-vous littéraires : le FLACS – Festival des Lettres francophones, des Arts et des Cultures du Sud – qui met à l’honneur les pays du Sud et Les lundis en coulisse, une opération commune à plusieurs théâtres.

familylili!

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