A Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski,…

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A Cabu pour qui l’humour était un langage qu’il a toujours aimé, parce son ressort était de dénoncer la bêtise en faisant rire et que si parfois, le rire s’étranglait, l’humour et la dérision restaient « notre seule arme ».

A Charb qui n’avait pas l’impression d’égorger quelqu’un avec un feutre et qui trouvait qu’en France, la liberté d’expression n’était pas assez utilisée par ceux qui avaient les moyens de s’en servir.

A Honoré pour qui un bon dessin valait mieux qu’un long discours.

A Tignous qui disait que la caricature est un témoin de la démocratie et qui se sentait « manifestement utile pour énerver les cons ».

A Wolinski pour qui l’humour est le plus court chemin d’un homme à un autre, et affirmait : « je suis un con, mais quand je vois ce que les gens intelligents ont fait de ce monde …. ».

A toutes les autres victimes de cette folie meurtrière et de cet aveuglement acharné, nous rendons ici hommage.

Nous tenons à clamer haut et fort qu’il n’y pas d’amalgame possible, que le terrorisme n’est pas l’islam, que le fanatisme n’est pas la foi, que l’extrémisme et l’intégrisme sont une atteinte qui se porte aussi bien sur les musulmans que sur les non-musulmans que nous sommes.

Nous faisons nôtres ces mots de Laurent Joffrin qui écrit dans son édito de Libération du 8 janvier 2015 que : « la liberté est comme l’air. On la respire sans y penser. Mais si elle vient à manquer, chacun étouffe et se débat aussitôt pour la retrouver ».

Aujourd’hui, nous étouffons en même temps que nous nous débattons.

Vive cette liberté-là qui ne sera jamais perdue et qui nous permet de respirer !

Vive les traits d’esprit, l’humour, la dérision. Vive les dessins et les caricatures de nous-mêmes. Partons à l’offensive contre les obscurantistes avec nos armes dérisoires et trinquons à la mémoire des lumineux qui nous ont fait nous esclaffer, sourire, rire, même si c’est jaune parfois.

Un proverbe dit que certaines personnes nous font rire un peu plus fort, rendent nos sourires un peu plus vrais, et rendent nos vies un peu mieux. Ces dessinateurs-là faisaient partie de ces personnes.

Nous sommes, comme eux et tant d’autres, des Charlie, et nous le resterons.

 

Sylvie Somen, directrice.

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