• Lieu: Grand Varia
  • Public: Tout public
Les horaires
  • Le mardi 10/11 à 20h30

  • Le mercredi 11/11 à 19h30

  • Le jeudi 12/11 à 20h30

  • Le vendredi 13/11 à 20h30

  • Le samedi 14/11 à 20h30

En Autriche, un jour de défilé de la Reine d’Angleterre

Aurore Fattier aime les grands textes de théâtre : Racine, Feydeau, Pinter… qu’elle électrise avec l’acuité de son regard de jeune femme de son temps. Cette pièce drôle et cruelle de Thomas Bernhard est pour elle une machine à jouer, comme elle dirait une machine à tuer. Elle y voit une décapitation en règle, et par les mots, d’un monde hypocrite, intéressé et réactionnaire dont le théâtre est loin d’être à l’abri, et qui se tapit sous le masque de la tradition et de la bienséance. Entre rejet et besoin des autres, entre peurs et audaces, c’est une sorte d’hommage qu’elle rend ainsi à notre « bouffonnerie métaphysique », à notre faiblesse et à notre morosité en même temps qu’à notre disposition à rire et à notre irrépressible pulsion de vie, envers et malgré tout.

Herrenstein, un richissime marchand d’armes à la retraite, attend l’arrivée de tout le gratin viennois qui vient assister depuis le balcon de son splendide appartement au défilé de la Reine d’Angleterre Elisabeth II.

Le vieil homme voit « cette smala perverse » se goinfrer au buffet et rôder avec avidité autour de sa carcasse pour obtenir une part d’héritage. Mais si la méchanceté conserve… celui qui enterrera Herrenstein n’est pas encore né !

Même infirme, même vieux, le puissant industriel est d’une insolence verbale éblouissante. Il entretient sa vitalité en cultivant une haine méthodique envers cette « racaille » autrichienne. Toute la journée, il abreuve de ses diatribes inspirées les oreilles de Richard, son majordome, avec lequel il entretient depuis vingt-cinq ans une relation quasi masochiste. Agrippé à sa veste, le vieil industriel va subir cette journée de cauchemar jusqu’à ce que celle-ci prenne fin au moyen d’un incroyable coup de théâtre…

Écrite en 1987, Elisabeth II est l’avant-dernière pièce de Thomas Bernhard. Son sous-titre “Pas une comédie” est peut-être ironique, car elle est sans conteste l’une des pièces les plus drôles et les plus cruelles qu’il ait écrites. Elle contient déjà les germes du scandale qu’il déclenchera avec sa dernière pièce, La Place des Héros, qu’il écrit l’année suivante et dans laquelle on entend qu’« il y a aujourd’hui plus de nazis à Vienne qu’en 1938 ». Dans Elisabeth II, les personnages viennent assister à un événement “people”, situation propice pour que Thomas Bernhard injecte ses thèmes de prédilection. Mais il est bien plus qu’un auteur à scandales. Il est aussi un auteur au souffle inépuisable. Son écriture dense, blessée et féroce semble marteler jusqu’au ressassement, jusqu’à l’épuisement ce besoin de dire la réalité en même temps que l’impossibilité d’y parvenir vraiment, comme s’il cherchait à se faire entendre plutôt que d’expliquer.

AVEC Jean-Pierre Baudson, Delphine Bibet, Véronique Dumont, Michel Jurowicz, Denis Lavant, François Sikivie, Alexandre Trocki | CRÉATION LUMIÈRE Simon Siegman | SCÉNOGRAPHIE Valérie Jung | CRÉATION SON Brice Cannavo | ASSISTANAT SON Jean-Maël Guyot de la Pommeraye | COSTUMES Prunelle Rulens dit Rosier | CRÉATION VIDÉO Vincent Pinckaers | MAQUILLAGES, MASQUES Zaza da Fonseca | DIRECTION TECHNIQUE Fred Op de Beek | CONSTRUCTION DU DÉCOR Les ateliers du Théâtre National | DRAMATURGIE, COLLABORATION ARTISTIQUE Sébastien Monfè | ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Ledicia Garcia, Lara Ceulemans | MISE EN SCÈNE Aurore Fattier

TRADUCTION Claude Porcell chez L’Arche Editeur.

Un spectacle de Solarium ASBL, dans le cadre du projet 4À4, en coproduction avec les 4 Centres Dramatiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles : le Théâtre Varia, le Théâtre de Namur, le Théâtre de Liège et le manège.mons. Avec l’aide du Théâtre National (Bruxelles). Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, service du Théâtre.

PRODUCTION DÉLÉGUÉE Théâtre de Namur

RTBF.be, Portail Culture, Sylvia Botella, 20 novembre 2015 :
Interview d’Aurore Fattier et Denis Lavant
Lire l’article

La Libre Belgique, Marie Baudet, 14 novembre 2015 :
Critique : DANS LA TÊTE D’HERRENSTEIN LE MISANTHROPE, AVEC DENIS LAVANT ET « ELISABETH II »
« Alors que la grande salle du Varia, comble, rit souvent aux saillies d’un Herrenstein éructant (…), Denis Lavant, acteur phénoménal, habitant de tout son corps ce rôle lucide et désespéré, n’éclipse jamais ses partenaires pourtant quasiment réduits au silence. Outre l’épatant tandem formé par Delphine Bibet et Alexandre Trocki, on retrouve Jean-Pierre Baudson, Véronique Dumont, Michel Jurowicz et François Sikivie pour incarner ces « autres » dont Herrenstein exprime son viscéral et pathétique « besoin-haine ». » Lire l’article complet

L’Echo, Mélanie Noiret, 13 novembre 2015 :
Critique
« Elisabeth II, un cauchemar audacieux et éminemment drôle sur la dépendance de la faiblesse et l’hypocrisie sociale. » Lire l’article complet

Soir Première, Bande de curieux, Nicole Debarre, 12 novembre 2015 :
Critique
Écouter le podcast (à la 8min17sec)

Musiq3, François Caudron, 12 novembre 2015 :
Chronique théâtre
Écouter la chronique

RTBF.be, Christian Jade, 12 novembre 2015 :
Critique : DENIS LAVANT, OU LA FÉROCITÉ JOUISSIVE
« De la très belle ouvrage d’une troupe qu’on sent soudée autour d’un acteur exceptionnel-Denis Lavant, toujours juste, jamais cabotin. Et orchestrée avec précision par Aurore Fattier qui, après Racine, Pinter et Houellebecq prouve que l’amour des grands textes difficiles rencontre le plaisir du public. » Lire l’article complet

Le Suricate, Ivan Sculier, 12 novembre 2015 :
Critique
Lire l’article

Télé Bruxelles, LCR, David Courier, 11 novembre 2015 :
Interview de Denis Lavant
Voir la vidéo

L’Echo, Mélanie Noiret, 7 novembre 2015 :
Interview d’Aurore Fattier et Denis Lavant : LA MÉCHANCETÉ, CA CONSERVE !
Lire l’article

Le Soir, Catherine Makereel, 27 octobre 2015 :
Portrait de Denis Lavant : DENIS LAVANT, GUEULE CASSÉE ET MONSTRE SACRE
Lire l’article

La Première, Entrez sans frapper, Jérôme Colin, 27 octobre 2015 :
Interview de Denis Lavant
Écouter le podcast

La Libre Belgique, Marie Baudet, 22 octobre 2015 :
Entretien avec Denis Lavant : DENIS LAVANT AU BAL DES MISANTHROPES
Lire l’article

Partager la page