Etrange et pénétrant

L’ONU a décrété que l’année 2015 serait celle de « la lumière et des techniques utilisant la lumière ». Espérons donc qu’il n’y aura pas pénurie d’électricité, que nous serons plus éclairés ou plus clairvoyants que de coutume, et que les perspectives d’avenir seront plus lumineuses qu’elles ne le sont. C’est en tout cas les vœux que nous formulons et que nous vous adressons. Nous vous souhaitons donc à toutes et à tous, une brillante année !

Les portes du théâtre vous seront à nouveau grandes ouvertes dès le 22 janvier. A partir de cette date, les spectacles se succèderont, plus passionnants les uns que les autres. Commençons par un plein feu sur les cinq premiers ; cinq spectacles, dont trois créations, qui sont chacun une incitation à faire un voyage à travers le temps et en compagnie de personnages comme on en rencontre peu ou pas. Des êtres à part, à la marge, tous étranges et pénétrants, tantôt drôles et émouvants, tantôt subversifs et touchants, et qui nous vont droit au cœur.

Les premiers d’entre eux que vous rencontrerez, vous sont présentés par Jean-Luc Piraux, un acteur qui se présente seul en scène mais qui a l’art de la pluralité et le don inégalé d’être à la fois un peu clown, beaucoup poète, plutôt burlesque et très espiègle.

Dans Six pieds sur terre, il revient très animé de ses rencontres avec l’extrême vieillesse et nous livre cette terre inconnue que nous labourerons un jour, si la vie le veut bien, et que nous fréquentons de près ou de loin, selon nos âges, avec nos parents, grands-parents ou aïeuls. Que nous dit-elle cette extrême vieillesse, à nous qui n’en sommes pas encore là ? Quelles peurs, quelles obsessions, quelles angoisses révèlent-elles ? Quelles questions existentielles posent-elles ? Quels fous rires déclenche-t-elle ?

Toujours avec le même Jean-Luc Piraux, vous ferez ensuite la connaissance de deux phénomènes de la grande foire humaine. Dans En toute inquiétude, vous découvrirez une famille tout entière, et surtout un père, celui qu’un coup dur de la vie – la perte de son emploi – oblige à revisiter les profondeurs de son existence ; dans Faut y aller !, vous vous attacherez à une Marie de 80 berges, qui est une véritable pionnière des temps modernes et qui a dépassé toutes les craintes et les tabous.

Le voyage continuera ensuite par un détour dans l’univers du grand auteur qu’est Samuel Beckett. Isabelle Gyselinx le remet à l’honneur en présentant Comédie et Va-et-vient, deux de ses courtes pièces. Elles sont l’une et l’autre comme des pierres précieuses – concentrés de mots, contractions de sens, éloquence des silences- pour exprimer la rage de dire et l’impasse de la communication. A ces deux bijoux, quelques Réminiscences s’ajoutent : une invention chantée et musicale sur des textes et poèmes qui ont inspiré Beckett lui-même. Un exemple d’inspiration ? Cette phrase peut-être d’Oscar Wilde : La vie est un mauvais quart d’heure à passer, ponctué de secondes exquises …

Le voyage se terminera par un trajet dans Le tramway des enfants. Philippe Blasband, l’auteur de la pièce, prétend que ce tramway existe assurément et qu’on peut le voir parcourir la ville, à ces heures tardives où tout le monde dort. A son bord, on peut y apercevoir quatre enfants conduits par un ange. Ces enfants sont morts, mais tant que des gens penseront à eux, ils demeureront…

Nul doute que sous la conduite de Pierre Sartenaer, les enfants de ce tramway-là, interprétés par quatre acteurs d’un certain âge, et d’une trempe certaine, vous tiendront en haleine. Nul doute que leur histoire qui est en somme une histoire de fantômes, vous hantera encore longtemps… Et qui sait, si au cours d’une nuit où tout autour de vous serait endormi, vous n’apercevrez pas à votre tour, un tramway avec des enfants à bord, tenus en éveil par leurs propres attentes autant que par les nôtres ? Qu’elles soient réelles ou inventés, les légendes urbaines traversent le temps et s’accrochent dans notre mémoire collective. Est-ce pour nous amener à nous observer nous-mêmes ?

Le mardi 3 février après la représentation de Gagner et Perdre / Beckett, en compagnie de l’équipe du spectacle, de Jean-Luc Piraux, de Pierre Sarternaer et de Philippe Blasbland, nous organisons une rencontre-débat qui a pour titre : Vieillir peut-être. Mourir, sûrement. Elle sera organisée en partenariat avec le Centre Régional du Libre Examen, et modérée par Anne Bernard, sa coordinatrice.

Bien d’autres rendez-vous vous seront proposés encore. N’oubliez pas de consulter notre site pour en savoir davantage et vous tenir informés.

Par ailleurs, renseignez-vous auprès de notre service billetterie. Des réductions des prix d’entrée seront accordées sur toute combinaison de deux spectacles au choix sur les cinq proposés. Et si vous voulez voir plus de spectacles, n’oubliez pas nos tarifs avantageux d’abonnement, valables à partir de trois spectacles !

Nous espérons que ce voyage proposé à travers le temps, vous laissera des souvenirs inoubliables, étranges et pénétrants, et que nous pourrons vous compter parmi nos premiers passagers de l’année.

Bien à vous,

Sylvie Somen
Directrice

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