LA CERISAIE

  • Lieu:
  • Public: Tout public
Les horaires
  • Le jeudi 20/11 à 20h30

  • Le vendredi 21/11 à 20h30

  • Le samedi 22/11 à 20h30

  • Le mardi 25/11 à 20h30

  • Le mercredi 26/11 à 19h30

  • Le jeudi 27/11 à 20h30

  • Le vendredi 28/11 à 20h30

  • Le samedi 29/11 à 20h30

Dans «le plus beau domaine du monde», célèbre pour sa cerisaie, l’émotion et l’excitation sont à leur comble en cette douce nuit de mai. Lioubov, la propriétaire, revient à la maison !

Lioubov avait quitté le domaine après la noyade de son petit garçon Gricha. Douniacha, la servante, Lopakhine, le marchand, Gaev, son frère, Varia, sa fille adoptive, Charlotta, la gouvernante, Firs, le vieux laquais, Pichtchik, un propriétaire terrien voisin, tous attendent impatiemment son arrivée. Même Pétia Trofimov, le précepteur de Gricha, est là pour la saluer. Lioubov arrive accompagnée de sa fille, Ania, et de son valet, Yacha. Tous se livrent aux joies des retrouvailles et au jeu des souvenirs.

Le lendemain, en se promenant sur le domaine avec son frère, la blancheur éclatante des fleurs des cerisiers et une légère brise qui les fait onduler, persuadent Lioubov que les anges y habitent, que l’ombre de Gricha s’y promène et que sa mère est revenue d’entre les morts.
Mais les temps ont changé. Lopakhine, dont la famille pauvre était au service de celle de Lioubov, s’est considérablement enrichi. Il lui apprend que durant son absence, les dettes se sont accumulées, que la cerisaie ne rapporte plus, que le domaine doit être vendu ou qu’il faut le raser pour y lotir des villas à louer…

La Cerisaie cependant ne se résume pas à la nostalgie d’un monde englouti; elle dépeint un tableau de vie qui repose sur l’éternelle opposition entre ceux qui, mélancoliques et indolents, restent attachés à un passé qu’ils embellissent en occultant les réalités du présent ; ceux pour qui il faut vivre selon ses aspirations profondes ; ceux qui éprouvent un vertige à regarder vers l’avant ; ceux qui aspirent à sauter dans une vie nouvelle par le travail, l’esprit d’entreprise, le goût du lucre ou le recours à la froide raison.

110 ans après sa création, l’oeuvre est toujours aussi troublante et forte. Est-ce parce qu’elle dessine cette « parabole éternelle sur le destin de l’être humain » pris dans l’entre-deux de l’ancien et du nouveau, de la beauté et du progrès, du rêve et de la réalité, d’un passé qui a tout dit face à un avenir empli d’inconnu et donc de promesses ?
Entre la première pièce de Tchekhov, Platonov (ou presque), qu’il met en scène au Théâtre Océan Nord et la dernière à laquelle il s’attelle à présent, Thibaut Wenger fait un lien.

La Cerisaie, dit-il, est tout à la fois la fin d’un cycle qui se trouvait déjà dans Platonov, et le début d’un autre, une ouverture. Tchekhov disait : « Après, j’écrirai autrement » et projetait,d’écrire une pièce sur le silence et le Pôle Nord. Je trouve dans la polyphonie en creux de cette déjà pièce-paysage qu’est La Cerisaie, une douceur, une fragilité. Un mobile singulier, habité par un réseau de signes et de spectres convoqués dans un temps rêvé, celui de l’enfance. Un nouveau continent de nuits blanches et de secrets.

Je rêvais depuis longtemps de mettre en scène cette fête manquée, à contretemps, où l’on badine alors que dehors le monde explose. On y convoque une dernière fois la communauté d’inadaptés improductifs et ruinés du vieux monde tchékhovien, de négligents obsolètes oubliés par l’Histoire. Ils ont un drôle de problème diffus et, insoluble dont ils attendent l’improbable résolution, tout au long d’une révolution immobile des saisons. Ces grands enfants distraits, perdants fauchés, c’est aussi un peu nous ; cette maison, dont les exilés porteront la mélancolie, notre théâtre aujourd’hui.

Crédits

AVEC: Jean-Pierre Basté, Mathieu Besnard, Nina Blanc, Olindo Bolzan, Marcel Delval, Francine Landrain, Marie Luçon, Hélène Rencurel, Claude Schmitz, Nathanaëlle Vandersmissen, Laetitia Yalon, Pierre Giafferi / MAGIE ET EFFETS D’ILLUSION : Pierre DHERTE / CHOREGRAPHIE : Karin Vyncke / SCÉNOGRAPHIE: Boris Dambly, Raffaëlle Bloch / COSTUMES: Raffaëlle Bloch, Odile Dubucq / LUMIÈRE: Eric Vanden Dunghen / MUSIQUE ET SON: Grégoire Letouvet, Geoffrey Sorgius / ASSISTANAT A LA MISE EN SCÈNE: Judith Ribardière / TRADUCTION: Roumen Tchakarov / MISE EN SCÈNE: Thibaut Wenger.

Un spectacle de Premiers actes en coproduction avec le Théâtre VARIA et La Filature, scène nationale de Mulhouse. Avec le soutien du Fonds d’acteurs de la COCOF, du Ministère de la Culture / Drac Alsace, de la Région Alsace, de l’Adami, de la Spedidam. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

CHARGÉE DE DIFFUSION: Marie-Sophie Zayas.

Lien vers le site de la compagnie: http://premiers-actes.eu

/Photographie originale : Jef Bonifacino

Critiques

50° Nord, Eric Russon, 24 novembre 2014 :
Plateau avec Mathieu Besnard et Marcel Delval

La Libre Belgique, Marie Baudet, 22 novembre 2014 :
Critique : « La Cerisaie », pièce-paysage selon Thibaut Wenger

Le Suricate magazine, Patrick Tass, 22 novembre 2014 :
Critique

Musiq3, François Caudron, 20 novembre 2014 :
Interview de Thibaut Wenger.

La Libre Belgique, Camille de Marcilly et Marie Baudet, 3 novembre 2014 :
« Un automne tchékhovien à Bruxelles » : Avant-propos sur « La Cerisaie » et « Vania », rencontre avec Thibaut Wenger et Christophe Sermet.

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