• Lieu:
    Grand Varia
  • Public:
    Tout public
Les horaires
  • Le jeudi 12/03 à 20h30

  • Le vendredi 13/03 à 20h30

  • Le samedi 14/03 à 20h30

  • Le mardi 17/03 à 20h30

  • Le mercredi 18/03 à 19h30

  • Le jeudi 19/03 à 20h30

  • Le vendredi 20/03 à 20h30

  • Le samedi 21/03 à 20h30

Une histoire drôle et touchante qui décortique les rapports père-fils, une quête de soi et de l’autre en creux et en bosses qui s’inscrit dans l’histoire des combats politiques du siècle dernier. Un très bel hommage aussi à un homme qui ne craignait pas d’affirmer ses opinions politiques. Il était une fois Marcel et Riton réunis sur scène…

Marcel Liebman est né en 1929, il a enseigné l’histoire des doctrines politiques et la sociologie politique à l’Université libre de Bruxelles et à la Vriije Universiteit Brussel. Il est issu d’une famille d’origine juive polonaise, connaît la shoah, et devient l’un des premiers défenseurs de la cause palestinienne. Historien du socialisme et du communisme, il a publié de nombreux essais réputés, notamment sur la révolution russe et le mouvement ouvrier belge. Il parle couramment six langues, il est brillant, il est passionné. Il aime rire, chanter, raconter des blagues. Il rencontre une femme, juive bien sûr, et en se mariant avec elle, il épouse aussi sa famille dont les idées sont bien différentes des siennes. Ils ont quatre enfants, dont Henri dit Riton, qui naît en 1964. Riton devient acteur, dramaturge et réalisateur. Il a, à son tour, un fils. Quel père est-on avec son fils ? Quel fils est-on avec son père ?

« Dans l’histoire de mon père, cet enfant juif qui a traversé le nazisme en perdant son grand frère, il y a autre chose aussi. Il y a ma mère, il y a mes soeurs, il y a les cousins, il y a la communauté juive de Bruxelles avec ses membres, dont certains l’adoraientet d’autres le détestaient jusqu’à vouloir sa disparition. Il y a l’Université libre de Bruxelles où il était professeur. Il y a l’histoire de la gauche et des manifs des années septante, dans lesquelles tout le monde s’engageait. Il y a une époque où la révolte était à la mode et faisait partie du quotidien. Et puis il y a moi, ce petit garçon qui adorait son père, qui le suivait partout, puis qui a changé.
Quand mon père est mort, j’avais vingt-deux ans. C’est-à-dire que je n’étais plus un gosse, mais j’étais quand même un gamin. A vingt deux ans, je voulais sortir dans les bars, être connu et faire la fête avec mes copains. La mort de mon père a un peu cassé la fête et aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a pas mal de choses à raconter. Il y a tant à dire sur son parcours, sur le mien, sur les rapports complexes entre un homme et son enfant. ll y a tant de choses à dire sur les rapports entre ce grand homme, ce visionnaire politique et ce jeune adolescent qui essaye d’exister. Il y a tant de choses à dire sur les enfants en général et la façon dont ils s’affranchissent de leurs parents. »

Création à l’Ancre (Charleroi), du 24 février au 6 mars 2015. « Moment-rencontre » : le 26 février.
+ d’infos : www.ancre.be

Le spectacle vu par la plateforme AZ-ZA :

 

 

Crédits

Conception, texte et interprétation: Henri Liebman / Conception et collaboration à la mise en scène : David Murgia/ Composition et interprétation musicale : Philippe Orivel / Assistantes à la mise en scène : Yannick Duret et Aurélie Alessandroni / Scénographie : Sarah de Battice / Création lumières et vidéo : Gwenaël Laroche / Régie lumières et vidéo : Gwenaël Laroche – Arnaud Bogard / Régie son : Benoît Pelé / Images d’archives : Sonuma / Documentaire : Hugues Le Paige.
Production L’ANCRE (Charleroi) / Coproduction Théâtre Varia et K / Remerciements MNEMA – Cité Miroir, ESACT, La Halte (Liège).

 
Création à l’Ancre (Charleroi), du 24 février au 6 mars 2015. « Moment-rencontre » : le 26 février.
+ d’infos : www.ancre.be
 

Metro (site), Nicolas Naizy, 19 mars 2015 :
Rubrique « Sur les planches cette semaine »

La Première, Entrez sans frapper, Myriam Leroy, 13 mars 2015 :
Interview de Riton Liebman et David Murgia

Télé Bruxelles, LCR, David Courier, 11 mars 2015 :
Interview de Riton Liebman

Agenda Magazine, Gilles Bechet, 6 mars 2015 :
Interview : « Riton Liebman : portrait au poing levé »

Musiq3, Anne Mattheeuws, 4 mars 2015 :
Temps de pause en compagnie de David Murgia

Musiq3, Pascale Seys, 28 février 2015 :
Le grand charivari en compagnie de Riton Liebman

Le Soir, Catherine Makereel, 28 février 2015 :
Critique : « De Marcel à Félix via Riton Liebman »

La Première, Christine Borowiak, 27 février 2015 :
Reportage sur « Bande de curieux » (1er sujet)

Musiq3, Dominique Mussche, 27 février 2015 :
Chronique théâtre

La Libre Belgique, Laurence Bertels, 26 février 2015 :
Critique de Laurence Bertels et commentaire de Guy Duplet : « Riton Liebman, de l’amphithéâtre au théâtre »

Rue du Théâtre, Michel Voiturier, 26 février 2015 :
Critique : « Autobiographie du père »

L’Echo, Didier Béclard, 26 février 2015 :
Critique : « Un fils raconte son « renégat » de père et se raconte aussi »

VivaCité, 24 février 2015 :
Journal parlé régional (Charleroi), dernier sujet

Télé Sambre, Lorrie D’Addario, 23 février 2015 :
Reportage au journal télévisé

L’Echo, Didier Béclard, 21 février 2015 :
Portrait : « Riton, fils de Marcel »

Le Soir, Catherine Makereel, 20 février 2015 :
Portrait : « Riton Liebman : son père, ce héros »

Les nouvelles formes de contestation : utopie ou réalité en puissance ?

14mars_1280pxl

Avec Mateo Alaluf, Bruno Frère, Paul Hermant (Les acteurs des Temps présents), Wouter Hillaert (Hart boven Hard), David Murgia (metteur en scène de Liebman, renégat, et membre de Tout autre chose), Isabelle Marchal, Isabelle Stengers.

Avec la participation de Louis Theillier, auteur de la bande dessinée, Johnson m’a tuer, Journal de bord d’une usine en lutte, 2014 et de Riton Liebman, acteur et auteur de Liebman, renégat.

Avec l’aide de l’Institut Liebman de l’ULB, et du Centre Régional Librex (Anne Bernard et Luc Malghem).

Les grands mouvements des années 70 ont provoqué des changements profonds dans nos sociétés qui ne sont pas que de l’ordre social. Les gens peuvent prendre la parole, les inégalités homme-femme reculent. On lève les tabous sexuels, les enfants ont le droit de s’exprimer. On prend en compte les émotions … On parle d’autodétermination, c’est-à-dire de l’action de décider par soi-même ou de celle par laquelle un peuple peut choisir librement son statut politique et économique.

Puis c’est le premier choc pétrolier suivi de la crise. Elle va toucher les plus pauvres, servir les plus riches, et faire augmenter les inégalités entre les classes sociales.

Dans les années 80, on semble se résigner devant un « no futur », et dans les années 90, à peine le mur de Berlin vient-il de s’effondrer, que l’industrie du divertissement triomphe. La pensée critique et la contre-culture devraient à présent se conformer au mode de vie marchand. La spéculation enfle. La pleine démocratie libérale fait éclore les industries culturelles. La Yougoslavie implose. C’est le génocide au Rwanda, et c’est l’émergence de la mondialisation, l’instauration d’un « nouvel ordre économique mondial », jusqu’à ce que se réveillent de nouveaux mouvements de contestation.

On manifeste pour le soutien aux « sans » : sans travail, sans papiers, sans abris, sans droits … On rejoint les mouvements homosexuels, on se lance dans les luttes écologiques, féministes, on s’intéresse à l’Europe, … autant de sujets qui mobilisent une partie active la société civile. Les premiers mouvements altermondialistes naissent, notamment ATTAC qui, entre réformisme et radicalisme, prône le rassemblement autour du slogan : « Un autre monde est possible », récemment mis au pluriel : « D’autres mondes sont possibles ».

L’an 2000 fait trembler avec son possible bug… Le passage dans le XXIème siècle et le troisième millénaire sera technologique ou pas. On rivalise d’inventivité pour faire du réveillon un événement historique.

Le 11 septembre 2001, les tours jumelles du World Trade Center s’effondrent et une partie du monde s’affaisse avec elles. Il y aura dorénavant l’avant et l’après le 11 septembre. On entre dans une « guerre des civilisations » avec d’un côté une civilisation qui représenterait la modernité et de l’autre, une civilisation qui, à l’inverse, serait archaïque et donc barbare…

Les années 2000 sont aussi synonymes d’un retour en force de la pauvreté et marquent le début de la « peopolisation » : peoplisation des politiques, mais aussi du ‘tout venant’ avec la déferlante sur nos petits écrans de la télé réalité. Il est interdit de fumer dans les lieux publics, et s’il y a révolution, c’est du côté de l’évolution de la téléphonie mobile qu’elle arrive.

Août 2007 : panique dans la finance. Une crise boursière de grande ampleur touche presque toutes les places du monde. Les prises de risque immodérées et l’opacité de la finance mondiale finissent par transformer la crise dite des « subprimes » cantonnée au secteur immobilier américain, en faillite générale du secteur bancaire. La majorité des pays riches entrent en récession. Les banques centrales et les Etats se lancent dans des plans de sauvetage et de relance coûteux.

Les réseaux sociaux élargissent les cercles relationnels et démultiplient leurs capacités d’influence. On se lance dans le durable. On développe les « co- » : consommation collaborative, financement collaboratif, travail collaboratif, colocation, co-taxi, covoiturage… On cherche des moyens de s’en sortir. Est par idéologie ou par pragmatisme ?

La crise se répercute sur le niveau de vie, mais aussi sur la façon de penser ou de voir le monde. Forme d’abattement, manque de repères, pessimisme, pertes des idéologies : on entre en dépression « psychologique ».

On ne croit plus au politique. On s’en méfie, on s’en défie. On a le sentiment que la démocratie fonctionne mal, que les hommes politiques sont corrompus, que les médias trahissent et orientent la réalité. La fracture se creuse et le ton monte.

Les partis d’extrême droite fleurissent en Europe. Certains participent à la vie politique et parfois à certains gouvernements. Il y a d’un côté la réanimation d’une extrême droite «classique», et de l’autre, l’émergence et le développement inquiétant d’un « national populisme ». Ce dernier s’appuie sur la crise économique, et l’islamophobie grimpante alimente la question de la perte d’une identité nationale.

Les religions renaissent et se renouvellent en composant avec la modernité. Elles semblent être à la fois la réponse à l’état dépressif, aux attentes individuelles et aux besoins collectifs. Si d’un côté on prêche pour un plus grand humanisme, de l’autre on pousse à des comportements extrémistes, intolérants et sectaires.

Les extrêmes politiques et religieux s’appuient sur un mécontentement social préexistant pour se radicaliser, et pour subjuguer, endoctriner ceux qui se sentent déclassés, rejetés, voire humiliés.

La droite en France s’affiche désormais « décomplexée ». On ignorait jusque-là qu’elle souffrait d’un complexe. Est-ce nouveau qu’elle appelle à l’ordre, à la sécurité, à la défense ? Mais la voici aussi manifestant pour s’ériger contre le mariage homosexuel qui représente une « déconstruction du droit de la famille », une opposition qui sera bien plus virulente en France que dans les six autres pays européens qui ont adopté une loi pour le mariage pour tous dès 2013.

Le ton monte aussi du côté de l’insécurité qui gagne en intensité. Tout ce qui vient troubler l’ordre public s’y fond et s’y confond : de la plus petite délinquance aux actes terroristes, en passant par les incivilités ou les catastrophes naturelles. Les états répondent à ce sentiment par une politique sécuritaire accrue. La formule « pour raisons de sécurité » devient un fourre-tout qui coupe court à toute discussion, et qui permet d’imposer des perspectives et des mesures que l’on n’accepterait pas sans cela.

Ces « raisons d’état » d’un autre côté fournissent aux Etats eux-mêmes la latitude de gouverner les effets de tout conflit, de toute tentative de s’opposer à eux, au profit de leurs propres intérêts. « En érigeant la sécurité en priorité absolue et l’appliquant à tout événement né du contexte, cela ne sert-il pas à la conservation de la visée des états, c’est-à-dire gouverner les populations sans entendre leurs contestations ? »*

Mais aux quatre coins de la planète, on voit aussi des citoyens ordinaires se positionner en tant qu’acteurs centraux de la scène politique. Des foules descendent dans la rue pour s’adresser directement aux dirigeants – ou à la haute finance – et exiger un changement radical en scandant des slogans tels que : « Dégage ! », « Vous ne nous représentez pas ! », ou encore Nous sommes les 99 % » (« We are the 99% » en anglais), devenu un slogan politique, puis un mème internet, qui a émergé du mouvement Occupy Wall Street.

En Italie, le Mouvement 5 étoiles, qui se présente comme un non-parti, sans leader, sans programme, devient la deuxième force politique du pays avant que l’ancienne ligue du Nord, xénophobe et raciste, revienne relookée à l’avant-plan.

En Espagne, le parti Podemos a pour volonté de « transformer l’indignation en changement politique » et est devenu la quatrième force électorale du pays. En France, des « listes citoyennes » se sont constituées. Indépendantes et sans étiquette politique, elles gagnent du terrain dans les quartiers populaires, où les habitants choisissent de s’emparer toujours plus de la politique pour impulser eux-mêmes le changement qu’ils ne voient pas venir « d’en haut ». En Grèce, la victoire sans appel du parti radical de gauche Syriza ouvre une nouvelle ère politique dans le pays.

Novembre 2014, 120.000 personnes manifestent dans les rues de Bruxelles à l’appel des syndicats réunis. Ce mouvement est suivi de grèves tournantes, puis d’une grève générale le 15 décembre 2014 qui paralyse la Belgique. Le secteur culturel, également menacé, se fait entendre et rallie le rang des manifestants. Des mouvements citoyens naissent : « Tout autre chose », « Les acteurs des Temps présents », « Hart boven hard » qui connaissent un succès croissant.

Janvier 2015 : Les attentats contre le journal Charlie-Hebdo et la supérette casher de la porte de Vincennes provoquent une vague d’émotion sans précédent dans le monde. Depuis, il règne une certaine confusion, où les questions de l’ordre du religieux, du social et du politique se posent et s’amalgament.

Est-ce que le monde a changé ?

Avoir le droit de s’exprimer, mettre fin à la corruption, détruire le pouvoir de la finance, ne pas subir l’arbitraire, avoir un travail, etc. Cela ne rappelle-t-il pas les revendications des années 70, mais avec des citoyens qui, lassés autant des formes classiques de contestation que des rituels électoraux, chercheraient et proposeraient d’autres formes de lutte pour répondre aux attentes.

Si la faillite des systèmes et des idéologies de toutes sortes a rendu notre début de siècle désemparé et méfiant, est-il en train de réagir ? Est-il en train d’inventer de nouvelles utopies ou des réalités en puissance ? Ces nouvelles formes de contestation sont-elles des utopies nécessaires à la survie de l’homme, comme le dit Mannheim, ou bien sont-elles des réalités en puissance qui pourraient influer le cours de l’histoire et nous construire de beaux (sur)lendemains ?

En partant de la figure de Marcel Liebman qui fut un homme résolument engagé dans tous les grands mouvements contestataires des années 70, jusqu’aux mouvements d’aujourd’hui, nous en débattrons.

(cf Comment l’obsession sécuritaire fait muter la démocratie Une citoyenneté réduite à des données biométriques – art de Giorgio Agamben dans le Monde diplomatique, janvier 2014).

Partager la page