Voeux 2017

C’est la vie, c’est la vie.

L’année écoulée nous aura réservé bien des surprises.

Parmi toutes, sans doute retiendra-t-on les pires, les attentats de Bruxelles et de Nice, celui récent de Berlin sur un marché de Noël, et le prêtre tué à Saint-Etienne-du-Rouvray. On oubliera peut-être les autres, les attentats qui ont frappé la Somalie, la Turquie, les Philippines, les Etats-Unis, le Pakistan, la Thaïlande, l’Egypte, le Nigéria, l’Afghanistan…

On retiendra certainement l’élection inattendue de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, celles de l’Autriche, du Portugal, en oubliant celles de Taïwan, du Congo, du Pérou, du Bénin, ou du Tchad …

On n’oubliera pas que le Royaume-Uni s’est retiré de l’Europe et que Fidel Castro est mort. On écoutera encore les chansons de Prince, Léonard Cohen, David Bowie ou Papa Wemba. On relira ou lira les auteurs disparus tels Dario Fo, Edward Albee, Françoise Mallet-Joris, Michel Tournier, Martin Gray, ou Elie Wiesel. On regardera encore les sculptures de Soumane Sow ou les planches de ce gai luron de Gotlib.

On retiendra les craintes, les phobies et les peurs, les discours qui s’enflamment, les colères qui bouillonnent.

On retiendra la vision d’un monde divisé. On pensera à ceux qui ont tout – l’argent, les moyens, les données – et qui à force de lobbies, de marketing, de merchandising, de community managers, fabriquent des opinions comme d’autres fabriquent des marchandises. On pensera aux laissés de côté, aux réfugiés, aux noyés, à l’austérité, la précarité, l’insécurité, aux murs qui se dressent, mais qui n’empêchent pas les idées, les luttes, la solidarité, les bonheurs d’exister.

On pensera peut-être à tout ça, et puis on oubliera et on continuera. C’est la vie, c’est la vie.

Le théâtre, comme les arts en général, ne peut certes pas changer la réalité, mais rien ne peut empêcher les effets qu’il produit. Il porte en lui une sorte de mystère, quelque chose qui contribue à préserver en nous une part d’humanité, de liberté et de beauté, la trace d’une forme significative dans une masse informe, brute, et par là-même inhumaine.

Plus de 7 milliards de terriens, un petit 20 millions de Syriens, quelque 12 millions de Belges, et moi et moi et moi, et vous et vous et vous, à qui nous transmettons nos meilleurs vœux pour l’année 2017. Qu’elle vous réserve de belles choses.

Et si après les fêtes, vos poches sont vides mais que l’envie d’assister à un bon spectacle est là, nous vous offrons jusqu’au 31 janvier, deux places au prix d’une pour assister aux spectacles Woyzeck et/ou Contractions, ainsi qu’un verre à la sortie : histoire de trinquer ensemble à la santé de la nouvelle année.

Au plaisir de vous retrouver dès le 24 janvier !

Sylvie Somen, Directrice.

Partager la page