À vos souhaits !

Chaque jour davantage se fait ressentir le poids des décisions prises pour enrayer la situation sanitaire qui mettent en berne une grande partie de la société et restreignent à peau de chagrin nos libertés individuelles, culturelles, professionnelles, sociales, familiales…  
 
On peine à voir la lumière au bout du tunnel, d’autant que lorsqu’on a cru la voir c’est le train qui nous a rattrapés… Mais nous ne sommes pas encore vaccinés… Nous nous battons et nous battrons encore pour retrouver dans un futur le plus proche possible ce qui fonde la vie, et, en ce qui nous concerne, pour rouvrir le théâtre tout en étant solidaires des autres secteurs qui sont tout aussi ou plus impactés encore que nous le sommes.
 
La question se pose crucialement de savoir dans quel monde nous voulons vivre, et immanquablement tôt ou tard mourir, et quel monde nous voulons léguer à nos descendances ? Sommes-nous à la croisée des destins ? Allons-nous pouvoir enfin nourrir nos esprits, réchauffer nos cœurs, allumer des couleurs à l‘intérieur de nos existences, partager des moments en commun …, ces « essentiels » dont a tant parlé et qu’il faut impérativement protéger et défendre, car, comme le disait René Char, ils sont toujours menacés par l’insignifiant.

Dans ce contexte où tout semble en apesanteur, suspendu à un dénombrement quotidien macabre, il peut paraître, ou bien vain, ou bien utile, de souhaiter ses bons vœux. Le sacrosaint triptyque : « santé, argent, bonheur » pourrait en effet résonner d’étrange façon, lui qu’on accompagne souvent d’un « Et surtout la santé, car sans la santé … », mettant le bonheur et l’argent en deuxième et troisième ligne. De même ces vœux que l’on adresse plus communément aux « autres » sans bien savoir de quels autres il s’agit, si ce n’est aujourd’hui qu’il faut impérativement les tenir à distance et s’en protéger. Danger et santé obligent.

Aussi, Madame, Monsieur, vous autres, proches ou lointains, qui lisez ces lignes, nous vous disons à vos souhaits ! C’est à vous de les choisir. Nous nous contenterons quant à nous de souhaiter que 2021 soit meilleur que 2020, que le vert de l’espoir l’emporte sur la grisaille et la vie sur la peur de mourir. Que nous reprenions le dessus d’une résistance discernée qui compose d’un côté avec l’obéissance aux règles pour le bien commun et qui, de l’autre, s’oppose aux infantilisations, aux dénis de confiance, aux empêchements abusifs, aux dépassements des limites…

Source encore glacée, miroirs gelés,
Rois sortant tout raidis d’or des ténèbres de décembre,
c’est janvier, en marche vers la Chandeleur,
qui détient l’indiscernable futur.
(Colette).
 

Vivement janvier, qu’on soit éclairés …

Sylvie Somen.

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