Claudio Bernardo a entamé le projet d’Après les Troyennes il y a quatre ans. Il lui a fallu d’abord batailler pour trouver les partenaires et le financement nécessaire pour donner corps à son rêve, et convaincre de sa pertinence. Il lui a fallu résister à la tentation de réduire son ambitieuse voilure pour le faire entrer dans les cadres. Le combat fut rude, entêté, et le premier round gagné. Une fois les moyens réunis, Après les Troyennes pouvait enfin prendre forme.

Une première étape de travail s’est déroulée en Italie. Sur les ruines encore vivantes de Catane, on voit arriver la valise à la main ces artistes qui vont le soir même jouer Les Troyennes. On découvre que les interprètes sont des femmes d’expérience et on devine que leur parcours de vie résonne avec l’histoire du spectacle et de ses personnages. Ces femmes, ces interprètes, Claudio ne les a pas choisies. Elles se sont imposées à lui.

Cliquez sur les images pour découvrir les interprètes, leurs personnages, et des extraits du texte de Claudio Bernardo et Alain Cofino Gomez

De l’amphithéâtre où elles arrivent, on les retrouve sur les rives … à scruter la ligne d’horizon. Une partie de leur vie, sans doute, a eu lieu derrière cette ligne. L’exil forge les regards, remplit les mots, modèle les corps. Depuis tant d’années qu’on le porte, l’exil pèse dans les valises. Il est temps de s’en délester. Il est temps pour ces femmes de partager leur colère, leurs blessures, et plus encore leur vécu, leur vérité.

Alors que la troupe, cette fois rassemblée à Bruxelles, s’apprêtait à franchir l’ultime étape de son long voyage et à se fondre enfin dans cette rencontre magique entre la scène et le public, le verdict est tombé. Les représentations publiques de tout spectacle ont été interdites pour lutter contre la propagation de l’épidémie. L’échéance de la rencontre a été repoussée à la saison 2021-2022, la fin du voyage, différée.

Que faire dans ce temps suspendu, si ce n’est continuer, aller jusqu’au bout du travail, achever le trajet, dessiner ses lumières, l’habiller, le répéter jusqu’à ce qu’il s’inscrive dans la chair et qu’il puisse le jour J renaître comme au premier jour ?

Artistes, technicien.ne.s, créatrices et créateurs agissent dans l’ombre. Ils continuent à raconter des histoires, anciennes et nouvelles, pour vous servir le monde sur un plateau…et ce monde, un jour, vous le découvrirez.

En attendant en voici quelques éléments sous forme d’images, de vidéos, de chant, qui ne sont pas là pour remplir le temps comme on remplirait du vide, mais pour donner des perspectives au futur, et être au plus près enchâssé au vivant vu comme un ensemble, et non comme des fragments divisés ou hiérarchisés.

 

Extrait sonore

Libera me- Giovanna Marini - Elise Gabële

Speak Dating

Coloration des costumes

Odile Dubucq et Claudio Bernardo dans l'atelier costume du Théâtre Varia

Coloration des costumes pour le spectacle "Après les Troyennes" Brûlage des costumes pour "Après les Troyennes" Odile Dubucq, costumière du Théâtre Varia

© Hypercut productions

 

Les photos de répétitions

 

Teaser du film réalisé en Sicile par Cristina Diaz et Claudio Bernardo

« After the Trojan Women » – Teaser from As Palavras-cie Claudio Bernardo on Vimeo.

 

 

Partager la page