As Palavras est la compagnie du chorégraphe Claudio Bernardo, qui va puiser son inspiration dans la littérature, le théâtre, la musique et les arts plastiques. Son parcours se singularise par les échos qui résonnent entre ses différents spectacles et qui donnent à son travail une identité forte et clairement reconnaissable.

Avec sa capacité d’analyse distanciée des différentes cultures qui l’ont forgé, Claudio Bernardo a ainsi créé une véritable cosmogonie. En évoquant l’âpreté et la violence des rapports humains, leur place dans l’univers ainsi que les conséquences et la symbolique de leurs comportements, il fait voir un monde entre corps et esprit qui, par un effet de miroir, nous révèle.

 

Claudio Bernardo et le Varia

Portrait du danseur et chorégraphe Claudio Bernardo, As Palavras

Crédit : Jean-Philippe Collard-Neven

Te souviens-tu de ta première fois au Varia ?

– C’était en 1990. Je suis venu voir Sinfonia Eroica de Michèle Anne de Mey et le Varia était son lieu de résidence. J’ai été submergé par la beauté du spectacle, par Olga de Soto avec laquelle j’ai travaillé par la suite et par tout le mouvement de la danse Belge. J’avais plein de rêves comme tous les artistes qui commencent leur carrière.

Plus tard en 1997 j’ai rencontré Sylvie Somen et Michel Dezoteux pour leur proposer de programmer mon solo Géométrie de l’abîme, mais c’est beaucoup plus tard que Sylvie m’a accueilli avec autre solo, Identificazione di una donna. C’est cependant avec Essa tempestade en 2012 que je suis rentré dans le cœur du Varia avec une proposition de résidence administrative qui s’est transformée en une résidence artistique en 2015. Là, un rêve prenait forme 25 ans après avoir vu Sinfonia Eroica.

Peux-tu partager un souvenir mémorable ou une anecdote amusante liée au Varia ?

Lorsque nous avons fêté les 20 ans d’As Palavras. J’avais 50 ans et, à la fin du spectacle, Sylvie voulait m’offrir un bouquet de fleurs. Je suis venu sur le plateau pour le dernier salut avec les artistes de L’assaut des Cieux et j’ai quitté la scène très ému en partant vers le bar pendant que le public saluait encore. Au moment où Sylvie est montée sur le plateau pour me donner le bouquet de fleurs, personne ne me retrouvait et j’ai raté ce moment-là devant 300 personnes ; j’étais gêné mais le bouquet était intact et la tendresse du geste aussi. 

Des œuvres qui changent la vie

Quel est le spectacle que tu as créé ou auquel tu as participé, qui a eu le plus gros impact sur ta vie ?

Je pense que toutes mes créations sont mes enfants. Chacun a eu un impact. Certains sont moches, d’autres plus intelligents, quelques-uns sont venus prématurément. Il y en a où danser était très bien mais sans pouvoir rien dire, et d’autres où parler ne s’arrêtait pas, comme si le verbe revenait à danser. Je m’occupe beaucoup de mes enfants… Ils sont 61 aujourd’hui. La seule chose étrange c’est que plus je vieillis plus ils deviennent jeunes et bruyants. J’espère qu’ils seront plus sages quand je partirai et que le « Benjamin » pourra les garder.

Quelle est l’œuvre qui t’as le plus marqué en tant que spectateur ?

Il y en a deux qui restent entre plusieurs, puisque cette question n’est pas une question à poser à un professionnel, elle est trop promiscue (rires) ?? . Les voici :  Les troyennes de Thierry Salmon et  L’Orestie de Romeo Castellucci. Ces mises en scène étaient intemporelles en traitant un sujet archaïque et il y a des spectacles que parlent mieux de nous que nous-mêmes.

Aussi toute l’œuvre de Caravaggio et de Francis Bacon, toute la littérature de Clarice Lispector et de Fernando Pessoa.

 

Si As Palavras était …

  • une émotion / un sentiment ? Le non-dit.
  • un cri d’animal ? Celui qui est représenté dans le tableau de Francis Bacon « La Crucifixion »
  • un être / un animal légendaire ? Le Dragon 
  • une partie du corps ? Les mains
  • un sport olympique ? Le Patinage 
  • un objet du quotidien ? Ma première casserole, datée de 1986 pour me faire à manger et que je garde comme souvenir jusqu’à aujourd’hui.
  • une figure de style ? Les bras en éternels cercles 
  • un courant artistique (hors contemporain) ? La renaissance
  • un dicton ?  « Je ne suis rien.
                             Je ne serai jamais rien.
                             Je ne peux vouloir être rien.
                             A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde ».
                             – Fernando Pessoa

 


 

Vous voulez tout savoir sur As palavras ? Rendez-vous > sur le site de la compagnie <

Et pour rencontrer les autres artistes associé.e.s, rendez-vous > sur la page des portraits <


 

L’actualité de la compagnie

Claudio Bernardo présente sa nouvelle création : Après les Troyennes, au Grand Varia du 19 au 28 novembre et au Théâtre de Liège du 2 au 5 décembre

 

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