• Lieu: Grand Varia
  • Public: Tout public (16 ans et +)
Les horaires
  • Le mardi 08/12 à 20h30

  • Le mercredi 09/12 à 19h30

  • Le jeudi 10/12 à 20h30

  • Le vendredi 11/12 à 20h30

  • Le samedi 12/12 à 20h30

  • Le mardi 15/12 à 20h30

  • Le mercredi 16/12 à 19h30

  • Le jeudi 17/12 à 20h30

Une fiction chorale, lucide, optimiste, non-excluante et tragi-comique qui interroge notre capacité d’agir sur le monde, les choses, les êtres, et notre faculté à les transformer ou les influencer.

Avec l’humour et le talent qu’on lui connaît, Florence Minder explore un territoire humain plein de failles où les forces singulières sont en fait révélatrices d’une interdépendance.

A voir au Grand Varia, du 8 au 17 décembre. Avec six acteurs et actrices, et un danseur sur le plateau : Ninon Borsei, Raphaëlle Corbisier, Brigitte Dedry, Ivan Fatjo, Florence Minder, Sophie Sénécaut, Lode Thiery

De l’importance et de la dérision de faire.

Faire sens, faire bande à part, faire semblant, faire corps, faire n’importe quoi, ne pas s’en faire… Qu’est-ce qui nous donne l’énergie d’agir ? Notre capacité à fictionnaliser la réalité joue-t-elle un rôle déterminant dans nos faits et gestes du quotidien ?

Avec, entre autres, un prof de géographie qui veut redessiner la carte du corps humain, un infirmier qui insulte sa hiérarchie, une actrice qui refuse d’être réduite à une mise en scène et une employée des pompes funèbres qui s’entraîne à parler aux vivants…, s’ouvre un champ de possibles où se côtoient vie et mort, réalité et fiction, humour et questions essentielles…

(Et si vous pensiez faire quelque chose aujourd’hui, n’hésitez pas : faites-le.)

De la catalyse en chimie à la catalyse au théâtre

artistes en répétition pour le spectacle de Florence Minder "Faire queqlue chose (c'est le faire, non?)

05_ 2019 /session de lecture / capture d’écran_archives Venedig Meer / Valérianne Poidevin (source : blog alternatives théâtrales)

En octobre 2019, alors qu’elle est encore dans la phase de préparation du spectacle, Florence Minder s’entretient avec Sylvie Martin-Lahmani pour le blog de la revue Alternatives Théâtrales. Voici quelques extraits (réactualisés) de cette rencontre, à découvrir en intégralité sur https://blog.alternativestheatrales.be

S. M.- L. : quel est le point départ de cette création ?

M. : J’étais fascinée par la catalyse en chimie. Dans ce phénomène, des catalyseurs accélèrent des processus et produisent des énergies inattendues. C’est un domaine très sollicité dans les défis énergétiques qui sont les nôtres : les scientifiques cherchent des nouveaux catalyseurs qu’on pourrait trouver en grande quantité sur la planète.

J’ai appliqué cette réflexion à mon champ d’action et je me suis demandé : peut-on identifier des catalyseurs fictionnels ? Quelles répercussions directes ont-ils sur nos capacités d’action ? Lesquels nous immobilisent, lesquels nous mettent en mouvement ?

La question pourrait être posée aussi ainsi : pourquoi est-ce si difficile d’inventer ? La recherche part de cet endroit-là pour rejoindre la notion d’agentivité : j’entends par là la faculté d’action d’un être, sa capacité à agir sur lui-même, le monde, les choses, les êtres, à les transformer ou les influencer.

Dans les sociétés néo-libérales, on parle beaucoup de la volonté individuelle comme moteur de changement, mais je ne suis pas convaincue que ce soit l’unique manière de voir les choses. Les changements de cap, les ruptures, les basculements ne sont pas toujours le fruit de mûres réflexions, ce sont même rarement des décisions conscientes et volontaires. Il s’agit plutôt de nécessités et de survie physique ou mentale.

S.M.- L. : Vous avez trouvé des débuts de réponse à cette importante question ?

La migration comme métaphore

F.M. : Je poursuis plusieurs pistes, je vais parler de l’une d’entre elles ! Je me suis intéressée à un livre intitulé La migration comme métaphore, (2011) du pédopsychiatre suisse Jean-Claude Métraux. Pour lui, tous les êtres humains expérimentent le phénomène de la migration : géographiquement mais aussi professionnellement, socialement, physiquement ou sexuellement…

Jean-Claude, qui est consultant sur le projet, m’expliquait que ces migrations, quelles qu’elles soient, supposent souvent des deuils plus ou moins longs à élaborer selon qu’ils sont individuels ou collectifs. Pour plusieurs raisons, une collectivité prend plus de temps pour élaborer son deuil qu’un individu isolé.

Cette élaboration, quelle qu’elle soit, correspond généralement à la construction d’un nouveau récit dans lequel l’individu ou le collectif trouve un sens. Pour qu’une action collective voie le jour, il faut que ceux qui la portent puissent adhérer à un récit commun. (…).

S.M.-L. : Tu continues à t’inspirer de la logique d’écriture des séries télévisées, comme dans Saison 1 ?

F.M : Je m’en inspire moins dans la forme finale que dans le processus de travail. Saison 1 était une citation directe du mode de narration sériel. Ici, ce qui reste de la série ce sont des spin-off que je crée, paradoxalement, en amont du spectacle. Ce sont des petits formats dans lesquels je peux approfondir un aspect de la pièce. (…).

Ici la forme s’inspire de la narration « chorale », où un sens collectif peut émerger à travers des destins individuels (par exemple comme dans Shorts Cuts, Magnolia ou une série comme Sense 8). Évidemment faire du montage au cinéma est bien plus simple qu’au théâtre mais c’est précisément cet enjeu-là qui m’intéressait.

Des personnages existants aux personnages inventés

S.M.-L. : Quels sont les personnages existants ?

F.M. : Je suis au début de l’écriture, mais j’ai déjà esquissé plusieurs personnages, qui sont saisis à un moment précis de leur chemin.

Il y a cet enseignant qui pense qu’un organe n’a pas encore été découvert dans le corps humain. Un autre personnage est inspiré de Carla del Ponte, ancienne procureure générale au Tribunal pénal international de La Haye, au moment où elle a quitté la commission d’enquête sur la Syrie, avec un constat d’échec monumental.

C’est une figure passionnante qui a toujours été dans l’action et qui pourtant bute sur un obstacle insurmontable en fin de carrière.

Il y a une employée des pompes funèbres qui fait une gaffe monumentale et va s’en servir comme moteur de transformation. Il y a l’auteure de la pièce dont la vie privée déborde dans la fiction qu’elle écrit. Enfin, l’intelligence et la créativité des plantes me passionnent, il n’est pas impossible qu’il y ait un personnage végétal. (…).

S.M.- L. : Tu as déjà en tête un dispositif scénique ?

F.M. : En référence, j’ai longtemps eu en tête une œuvre d’Olafur Eliasson « Riverbed » : au plafond des néons, au sol des cailloux et une rivière artificielle, entre deux, des êtres vivants un peu perdus. Ce que j’aime, c’est qu’on ne sait plus ce qui est naturel ou artificiel, ce qui est vivant ou mort.

Avec Prunelle Rulens-dit-Rosier à la scénographie, Jan Maertens aux lumières et Marie Szersnovicz aux costumes nous travaillons à imaginer comment faire exister une simultanéité des situations.

Ainsi, l’idée n’est pas d’utiliser des décors réalistes mais plutôt de travailler à l’apparition et à la disparition des personnages, aux focales, aux co-présences. Le son, créé par Pierre-Alexandre Lampert, jouera évidemment un rôle primordial dans l’aspect choral de la narration. (…)

La pièce doit être une douce invitation à bouger, fluctuer, s’ouvrir, et à se positionner par rapport à une représentation du réel.

Florence Minder, actrice et performeuse, autrice et storystelleuse.

Portrait de la comédienne et metteure en scène Florence MinderNée à Lausanne et installée à Bruxelles, Florence Minder travaille dès 2006, au sortir de l’INSAS section interprétation dramatique, comme actrice notamment avec Selma Alaoui, Philippe Sireuil, Sofie Kokaj, Michel Dezoteux, Armel Roussel, Pierre Megos, Denis Laujol…

En 2010, elle commence à développer une pratique personnelle de jeu et d’écriture. Calendrier de l’Avent 2011, une performance longue de 24 jours, est produite par le Théâtre National (Bruxelles), qui produira, l’année suivante, son premier solo : Good Mourning VOSTbil.

En 2016, elle fonde la compagnie Venedig Meer avec laquelle elle poursuit son travail où se conjuguent écriture dramatique et performance fondées sur une observation sagace et singulière du réel.  Elle se lance dans le projet, Saison 1, un projet en trois épisodes dans lequel elle utilise notamment les codes de la série télé et du stand up pour interroger notre addiction aux histoires.

Elle joue le spectacle à Bruxelles, au Luxembourg et dans plusieurs théâtres français, dont en 2018, au Théâtre de la Bastille à Paris. Le spectacle lui vaut d’être remarquée par la presse française. Télérama parle d’un rituel théâtral « à l’esprit neuf et à la vitalité réjouissante ».

Cette même année 2018, elle reçoit le Prix SACD Théâtre pour l’ensemble de son travail.

Avec FAIRE QUELQUE CHOSE (C’est le faire, non ?), la narration reste toujours au cœur de sa recherche, mais elle l’explore sous le mode de la fiction chorale qui permet le glissement du récit individuel au récit collectif.

 


 

Quelques liens pour aller plus loin dans l’univers du spectacle Faire quelque chose

> L’exposition « Riverbed » d’Olafur Eliasson

> Le Livre La migration comme métaphore, (2011) du pédopsychiatre suisse Jean-Claude Métraux

-> Le site internet de Florence Minder

Autour du spectacle

  • En partenariat avec YoungThinkers et les Ambassadeurs d’Expression Citoyenne, et avec le soutien de la COCOF,  4 classes de deux écoles différentes se rencontrent pour réfléchir ensemble au monde de demain et…

  • Afin de prolonger le spectacle, d'en comprendre la genèse, la fabrication, les enjeux sous-jacents. Accessible à  5€ sur présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité.

JEU Ninon Borsei, Raphaëlle Corbisier, Brigitte Dedry, Ivan Fatjo, Florence Minder, Sophie Sénécaut, Lode Thiery
Avec les voix de Léa Pohlhammer, Prunelle Rulens dit Rosier, Julien Jaillot, Médéa Anselin et Manon Faure
ÉCRITURE, MISE EN SCÈNE Florence Minder assistée de Julien Jaillot
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Médéa Anselin
RÉGIE GÉNÉRALE Yorrick Detroy
SCÉNOGRAPHIE Prunelle Rulens dit Rosier
CRÉATION LUMIÈRE Jan Maertens
CRÉATION SON, COMPOSITION MUSICALE Pierre-Alexandre Lampert
CRÉATION COSTUME Marie Szersnovicz
CONFECTION COSTUMES Odile Dubucq, Béa Pendesini
CONSTRUCTION DÉCOR Boomerang-Decor, Luc Dezille
DRAMATURGIE Émilie Maquest, Julien Jaillot, Florence Minder
CONSULTANT Jean-Claude Métraux
ARCHIVAGE VIDÉO Valérianne Poidevin
ENTRAINEMENT VIEWPOINT Clément Thirion
STAGIAIRE SCÉNOGRAPHIE Paul Gerard
TRADUCTION NL / EN Mike Sens – MWT

DIFFUSION Fadhila Mas
PRODUCTION Manon Faure

Une création de Venedig Meer en coproduction avec Mars – Mons Arts de la Scène, Théâtre Varia, Théâtre de Liège, Théâtre de Namur (dans le cadre du réseau des Centres Scéniques) et DSN – Scène Nationale de Dieppe, L’Ancre – Théâtre Royal de Charleroi, La Coop asbl et Shelter Prod . Avec la participation du Centre des Arts Scéniques et de La Bellone – Maison du Spectacle. Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre. Avec le soutien de Nicolas Party sprl, taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge.

© Kourtney Roy

Le temps est venu de « s’encapaciter » : une réflexion-création de Florence Minder
Ainsi y aura-t-il de la mort et de la joie dans cette « Fiction chorale, lucide, optimiste, non-excluante et tragi-comique« 
La Libre Belgique, Marie Baudet, avant-propos, 23 septembre 2020 > Lire l’article <

« Faire quelque chose… » : un formidable puzzle humain
Avec sa nouvelle création, portée par sept formidables comédiens débordant d’humour, Florence Minder questionne magistralement notre capacité d’agir et les rapports entre réel et fiction.
LeSoir.be, Jean-Marie Wynants, critique, 30 septembre 2020 > Lire l’article <

Quoi que vous fassiez, faites-le !
Florence Minder met en scène des personnages qui cherchent, dans leur vécu, dans la fiction, une capacité d’agir sur le monde. Tous ces parcours singuliers composent un récit collectif bourré d’énergie et de surprises.
Demandez le programme, critique, 8 octobre 2020 > Lire l’article <

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