• Lieu: Grand Varia
  • Public: Tout public (12 ans et+)
Les horaires
  • Le mardi 12/01 à 20h30

  • Le mercredi 13/01 à 19h30

  • Le jeudi 14/01 à 20h30

  • Le vendredi 15/01 à 20h30

  • Le samedi 16/01 à 20h30

  • Le mardi 19/01 à 20h30

  • Le mercredi 20/01 à 19h30

  • Le jeudi 21/01 à 20h30

Et si nous revenions au point 0, à l’Origine ? Si nous partions à la découverte de territoires inconnus pour tenter de créer quelque chose de nouveau ? Si nous commencions par une page blanche où tout serait à écrire, à redéfinir, à inventer ?

A voir au Grand Varia, du 12 au 21 janvier 2021. Avec sur scène : Léonard Cornevin, Aurélien Dubreuil-Lachaud, Ophélie Honoré, Antonin Jenny, Manon Joannotéguy, Jean-Baptiste Polge, Nicole Stankiewiscz

Un homme, une femme, un ours, quatre pingouins

Ørigine de Silvio Palomo à la Balsamine

© Hichem Dahes

Sur une banquise en plastique, un homme et une femme cherchent à vivre une aventure extraordinaire, tels des touristes distraits qui seraient invités à des pique-niques insolites pour bouleverser leurs habitudes. Dans ce biotope où le jour et la nuit, les sons du vent et le temps qui passe sont des options, un ours amateur d’art et quelques pingouins intrusifs vont venir à leur rencontre.

Tout semble réuni pour passer un moment franchement pas banal. Sauf que la soif de l’extraordinaire laisse très vite place à la routine et pour cause : c’est bien à la banalité, aux êtres, et aux choses de tous les jours que Silvio Palomo et le Comité des fêtes s’intéressent ici.

Du calme, tout est perdu.

En face de la table d’orientation, on prend le pique-nique et on cherche un endroit où s’installer. On fait des petits bilans, on se rassure même si tout va bien, on s’accroche à ses repères pour se familiariser avec l’inconnu : « Ça me fait penser à … », « oh, c’est comme … ». Des trucs dont on ne se défait pas, et on s’installe rapidement pour occuper l’espace.

Peu à peu le territoire devient nôtre et toute personne qui arrive, un étranger.  Dès lors, on se cherche des points communs, on s’apprivoise, montre de quoi on est capable. On use de politesse, de prudence, de bienveillance, pour mieux s’imposer. Et quand on prend ses aises et que l’on pense maîtriser son environnement, on assiste à son délitement.

La fin est proche, mais à force de catastrophes on s’habitue aux malheurs. On prend de la distance et on reste calme, car tout est perdu.

« Ah oui, c’est très bien » ou ces tics de langage qui façonnent notre quotidien.

Silvio Palomo s’intéresse à ce qu’il appelle « le bavardage et la gesticulation » et dit suivre « les pistes de la gaucherie ». Un terrain d’investigation qui se dévoile sur scène comme une stimulante exploration de nos tics du langage, ces petits mots qui meublent le vide, le silence, qui nous rassurent et qui en disent finalement beaucoup…

« S’inscrivant en partie dans le prolongement des grands auteurs absurdes en décortiquant l’incommunicabilité, tel un Ionesco de l’écriture de plateau, Silvio Palomo invente une forme de non-jeu qui fait de la conversation ordinaire et sans artifices, à voix basse et à débit hachuré, une matière éminemment théâtrale. (…)

Il donne à des événements anodins, voire médiocres, une valeur scénique indéniable, posant sur des micro-situations un regard approfondi, une loupe grossissante. L’ordinaire devient ainsi éminemment poétique, la répétition des mêmes mots (ah oui d’accord, ah oui c’est très bien) devenant peu à peu une musique aux notes savamment harmonisées. Mélodie de l’anodin, ou symphonie de l’ordinaire : le texte est indéniablement matière sonore, dont le sens est à trouver dans une écoute attentive du rythme du bavardage. (…)

Palomo cultive aussi un humour décalé qui naît de l’écoute amusée de cette musicalité particulière. Il y ajoute des touches d’humour visuel, inventant un univers peuplé de mascottes d’animaux. (…)

La banquise, au gré de ses sursauts et de sa compartimentation, offre un formidable espace de jeu, métaphore d’un monde qui unit les hommes autant qu’il les plonge parfois dans un fossé d’incompréhension ».

Extraits du compte-rendu de Philippe Couture sur le spectacle paru sur le blog de la revue Alternatives Théâtrales. > Lire l’article en entier <

Ørigine a été créé en octobre 2018 au Théâtre de la Balsamine.

Silvio Palomo, ou l’art d’agencer des événements secondaires

Portrait du metteur en scène Silvio PalomoSilvio Palomo développe depuis plusieurs années au sein du Comité des fêtes un langage scénique tissé de dialogues anodins, de répétitions et de tics de langage. A travers un travail d’improvisation, il décortique les comportements du quotidien pour en dégager un langage scénique et créer de l’étonnement en décelant l’insolite au sein de l’ordinaire.

Ce qu’il recherche, c’est « trouver dans la parole le moment où il n’y a plus rien à dire, où les corps prennent le dessus. Prélever des mouvements, des attitudes, des paroles en sourdine, mais aussi des moments de vides, d’inactions, d’attentes. Réussir ensuite à mettre en exergue ces séquences, qui n’ont a priori aucun lien les unes avec les autres, dans un travail de composition presque musicale, dans le but de construire un agencement d’évènements secondaires. »

Suite à la création de La Colonie (2016), une série théâtrale en 4 épisodes et Ørigine (2018), il entend poursuivre ses recherches dans une nouvelle création provisoirement intitulée Intérieur ou les casanier·e·s de l’apocalypse

Silvio Palomo collabore régulièrement avec des artistes-plasticiens. Il met en scène son frère, Itzel Palomo, qui signe par ailleurs les scénographies de ses spectacles, dans Appel d’air, un solo performatif mêlant arts visuels, sculpture et théâtre pour les Giboulées du TJP, CDN d’Alsace en mars 2018. Il crée avec l’artiste plasticienne/scénographe Justine Bougerol, Terrain vague, « un espace autre » entre la création plastique et la représentation théâtrale (Halles de Schaerbeek, Bellone, Centre Wallonie Bruxelles).

Il est également artiste résident de L’L où il mène avec Manon Joannotéguy, une recherche sur Les fluctuations du non-évènement en partant d’une « petite » théorie sur la peau de banane et la chute annoncée.

 


 

Quelques liens pour aller plus loin dans l’univers du spectacle Ørigine

-> Le site du Comité des fêtes

Autour du spectacle

  • Afin de prolonger le spectacle, d'en comprendre la genèse, la fabrication, les enjeux sous-jacents. Accessible à  5€ sur présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité.

© Hichem Dahes

AVEC Léonard Cornevin, Aurélien Dubreuil-Lachaud, Ophélie Honoré, Antonin Jenny, Manon Joannotéguy, Jean-Baptiste Polge, Nicole Stankiewiscz
CRÉATION LUMIÈRE Léonard Cornevin
SCÉNOGRAPHIE Itzel Palomo
CONSTRUCTION Itzel Palomo, Silvio Palomo, Quentin Péchon, Gaël Renard
RÉGIE GÉNÉRALE Quentin Péchon
CONCEPTION, MISE EN SCÈNE, CRÉATION COSTUME Silvio Palomo

Un spectacle du Comité des Fêtes en coproduction avec le Théâtre la Balsamine et La Coop asbl et Shelter Prod. Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Aide aux projets théâtraux, taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge.

Le spectacle a été créé au Théâtre de la Balsamine en octobre 2018.

© Hichem Dahes

Des pingouins et des hommes
Ørigine est un objet scénique singulier, qui distend le temps pour créer une délicieuse étrangeté.
Alternatives théâtrales, Philippe Couture, 11 octobre 2018

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