• Lieu: Petit Varia
  • Public: Tout public (16 ans et +)
Les horaires
  • Le mardi 13/10 à 20h00

  • Le mercredi 14/10 à 20h00

  • Le jeudi 15/10 à 20h00

  • Le vendredi 16/10 à 20h00

  • Le samedi 17/10 à 20h00

  • Le mardi 20/10 à 20h00

  • Le mercredi 21/10 à 20h00

  • Le jeudi 22/10 à 20h00

  • Le vendredi 23/10 à 20h00

  • Le samedi 24/10 à 20h00

« Nous sommes si heureux, nous attendons un enfant ». C’est merveilleux, Vicky et Dominik sont ‘enceintes’, et voient loin. L’enfant qu’ils portent sera leur réussite, leur roi, un génie. Et le petit Ralf Pan voit plus loin encore que ses parents…

A voir au Petit Varia du 13 au 24 octobre 2020. Avec sur scène : Léonard Berthet-Rivière, Nina Blanc, Pauline Desmet, Emile Falk-Blin, Fabien Magry,Titouan Quittot

Ralf Pan, un enfant tyrannique

Sa personnalité est le concentré de cette constellation des trois traits, dite « la triade sombre ». Narcissique, il nourrit chaque jour sa grandeur. Machiavélique, il est en alerte permanente pour garder le contrôle absolu de l’histoire, voire de l’Histoire, et accapare constamment les médias. Psychopathe, il manipule son entourage et l’assujettit sans l’ombre d’une empathie.

Entre campagne présidentielle et concours de miss univers, on va suivre les étapes de son irrésistible et fulgurante ascension. Jusqu’à sa prise de pouvoir sur le théâtre même et la transformation du spectacle en un reality-show du plus mauvais goût…

Une pièce de Marius von Mayenburg aussi drôle que mordante, présentée pour la première fois en français, dans une mise en scène de Thibaut Wenger et une traduction de Joséphine de Weck.

6 acteurs jouent la valse de 14 personnages

PAN - © Christophe UrbainDès sa naissance, et même avant, le petit Ralf Pan est pétri d’ambitions, d’abord pour lui-même et ensuite pour le monde. Son racisme, sa misogynie, son égoïsme, sa violence, sa méchanceté, son incapacité à accepter les critiques n’ont aucune limite. Rien ni personne ne résistera à sa volonté, à sa supériorité, à ses caprices, à son ascension.

Sa sœur l’encombre ? Ce n’est pas une gynécologue réfractaire qui l’empêchera de s’en débarrasser. Ses parents bobo veulent l’amadouer par leur gentillesse ? Qu’à cela ne tienne. Ralf va les retourner comme des chaussettes. Son professeur de violon n’est pas capable de reconnaître son génie ? Il verra de quel bois il se chauffe. Et ce ne sont pas non plus le réalisateur sadique, la baby-sitter féline, le voisin violent et sa colonie de femmes battues qui vont lui voler la vedette !

Ralf Pan décode comme pas deux les comportements attendus en société et aime aller à contresens. Quel que soit le domaine, il lui suffit de tirer sur les ficelles pour voir apparaître des pantins incapables et appuyer ensuite sur les tabous et les faux-semblants dont ils s’auréolent. Il aime particulièrement être le centre d’émissions de télé-réalité survoltées, lesquelles lui rendent bien son amour, puisqu’il est prêt à tout pour atteindre son but : être miss Univers et le chef de maison…

Défoncer une porte pour entrer dans les consciences.

C’est en 2017, comme une réaction allergique à l’élection de Donald Trump et à tous les leaders machos du même genre, que Marius von Mayenburg écrit cette féroce comédie. Son titre claque comme un coup de révolver [PENG], et l’auteur tire sur tout ce qui réduit le monde à une vision manichéenne et prône des solutions simples pour le changer. En mieux, évidemment. 

En frôlant l’absurde, sans complaisance ni ironie, mais avec quelques pensées très déplaisantes qui ont bien plus à voir avec nous-mêmes que nous ne le croyons, l’auteur défonce «une porte de derrière pour entrer dans les consciences, puisque la porte de devant est fermée ».  

Et si la porte de devant est fermée, c’est autant par la bien-pensance généralisée, le politiquement correct que les relents mal digérés de l’histoire européenne.

« Je ne suis pas un ami de l’ironie ».

Portrait de Marius von MayenburgDans un entretien avec Anne Berest, paru la revue du Théâtre du RondPoint en 2005, Mayenburg dit :

« Je pars du principe qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités différentes qui s’entremêlent. Ce qui contredit la logique. Cela nécessite alors – oui dans une certaine mesure – le recours à l’absurde. […] Il y a donc une dimension absurde, mais non pas ironique. Je ne suis pas un ami de l’ironie. Je sais qu’elle est très importante, en littérature notamment, mais je pense néanmoins qu’elle témoigne d’une sorte de lâcheté, dans la mesure où elle sert la dissimulation par l’écriture. Je recherche personnellement une écriture avec de l’humour mais sans ironie. Il y a d’après moi une différence. Lorsqu’on se remémore un événement, notre cheminement n’est pas logique, la mémoire ne suit pas un ordre chronologique : les événements nous reviennent entremêlés, parce que nos émotions les ont mélangés. C’est ce phénomène que je tente en tant que dramaturge de retranscrire. ».

Pan ! est un fameux exemple de cet entremêlement de pensées et d’absurdités, … et quand on demande à l’auteur pourquoi il a choisi le personnage d’un enfant, il répond : « Quand quelque chose est impossible, il y a seulement deux catégories d’êtres humains qui répondent « je le veux quand même » : les puissants et les enfants ».

Marius von Mayenburg

Est né à Munich en 1972. Après des études de langue, littérature et civilisation allemandes anciennes, il s’installe à Berlin et suit au Conservatoire, les cours « d’écriture scénique » de Yaak Karsunke et Tankred Dorst, notamment.

Il commence à écrire, et en 1995, Feuergesicht (Visage de feu) reçoit le prix Kleist d’encouragement aux jeunes auteurs dramatiques et le prix de la Fondation des auteurs de Francfort.

Visage de feu est créée d’abord à Munich dans une mise en scène de Jan Bosse en 1998, puis l’année suivante à Hambourg par Thomas Ostermeier. Ce dernier l’engage dans son équipe artistique d’abord à la Baracke du Deutsches Theater à Berlin, puis à la Schaubühne quand il en prend la direction en 1999.

Mayenburg y travaille depuis comme auteur, dramaturge, traducteur (Sarah Kane, Martin Crimp, Shakespeare, Ibsen…). Il met également en scène : Die Taube (Les Pigeons) de David Gieselmann, Die Nibelungen de Friedrich Hebbel, Roméo et Juliette, et quelques-uns de ses propres textes dont Peng / Pan !

Ses pièces sont fréquemment jouées, en Europe et au-delà et elles sont pour la plupart publiées en français aux éditions de L’Arche : Visage de feu, L’enfant froid, Parasites, Pièce en plastique, Cible mouvante, La pierre, Martyr, Eldorado, Haarman, Le moche, Tourista, Voir clair, Le chien la nuit et le couteau, Pan !


 

Quelques liens pour aller plus loin dans l’univers du spectacle PAN !

-> Interview de Marius von Mayenburg à la Schaubühne

-> Précédente création de Thibaut Wenger, Combat de nègre et de chiens

-> Le site de Premiers actes

Autour du spectacle

  • Afin de prolonger le spectacle, d'en comprendre la genèse, la fabrication, les enjeux sous-jacents. Accessible à  5€ sur présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité.

Les photos

© Christophe Urbain

 

« PAN ! » raconté par Emile Falk-Blin & Léonard Berthet-Rivière

Réalisation : Camille Meynard

TEASER – PAN !

Réalisation : Hypercut Productions

 

AVEC Léonard Berthet-Rivière, Nina Blanc, Pauline Desmet, Emile Falk-Blin, Fabien Magry, Titouan Quittot
CRÉATION LUMIÈRE Matthieu Ferry
MUSIQUE, CRÉATION SON Grégoire Letouvet, Geoffrey Sorgius
CRÉATION COSTUME Claire Schirck
SCÉNOGRAPHIE Arnaud Verley
VIDÉO Pierre Mallaisé, Isabelle Nouzha, Xavier Pique
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Médéa Anselin, Anna Solomin
MISE EN SCÈNE Thibaut Wenger

Une création de Premiers actes en coproduction avec le Théâtre Varia, La Coop asbl et Shelter Prod. Avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge, de la COCOF – Fonds d’acteurs, de la SPEDIDAM.

Premiers actes est une compagnie conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Grand Est.

Production déléguée : Théâtre Varia.

La pièce Peng de Marius von Mayenburg (traduction de Joséphine de Weck) est représentée par L’Arche, agence théâtrale. – www.arche-editeur.com

www.premiers-actes.eu

© Getty Images

 

Biographie de Thibaut Wenger

Portrait de Thibaut Wenger, metteur en scène

Après des études de cinéma, j’ai été formé à l’INSAS, section théâtre. J’ai fondé Premiers actes, aventure qui a un temps pris la forme d’un festival dans les Vosges alsaciennes avant de se poursuivre en compagnie. À Bruxelles j’ai mis en scène Woyzeck de Büchner, Platonov de Tchekhov et Penthésilée de Kleist au Théâtre Océan nord; Combat de nègre et de chiens de Koltès au Théâtre des Martyrs et au Théâtre Varia; La Cerisaie de Tchekhov au Théâtre Varia; Dors mon petit enfant de Jon Fosse et Une Maison de Poupée d’Ibsen au Théâtre National; La Seconde surprise de l’amour de Marivaux et L’Affaire de la rue de Lourcine de Labiche au Théâtre des Martyrs… En France j’ai également monté La Mission de Müller, Lenz de Büchner, L’Enfant froid de Marius von Mayenburg et dernièrement Détester tout le monde d’Adeline Rosenstein, pour qui je travaille également comme comédien dans Décris-ravage et Laboratoire Poison. Par ailleurs j’ai donné cours à Fotti Cultures à Dakar, au Cours Florent et au Conservatoire de Mons/Arts2.

 

L’interview du metteur en scène

 

Presse web

Pan ! sur la politique, la famille, la médecine, la télévision,…
Certes ça fait mal, mais la résistance au politiquement correct qui envahit tout, y compris les théâtres, qu’est-ce que ça fait du bien !
Szenik, annonce, octobre 2020 > Lire l’article <

La politique spectacle, un poison sournois
… Des pantins éblouis par le sensationnel et prêts à approuver des solutions radicales aux problèmes complexes. Marius von Mayenburg, pour qui « Le monde est recouvert d’humanité comme un fruit de moisissure. », stigmatise les démagogues et leurs gesticulations triomphantes.
Demandez le programme
, Jean Campion, critique 19 octobre 2020 > Lire l’article <

Au Théâtre Varia : Thibaut Wenger met en scène « Pan ! » de Marius von Mayenburg
Thibaut Wenger et sa bande jouent à fond le jeu de l’exagération jusqu’à l’absurde. Aux côtés des excellents comédiens déjà mentionnés, Nina Blanc et Titouan Quittot, en virtuoses de la transformation, assument une foule de rôles, des plus sombres aux plus pathétiques, de la baby-sitter complaisante à la femme battue exhibée sous les spots. Le metteur en scène orchestre le tout avec brio, ménageant un subtil crescendo jusqu’à l’apothéose finale.
RTBF.be, Dominique Mussche, critique, 20 octobre 2020 > Lire l’article <

Et Pan ! Thibaut Wenger dynamite le Varia | Je suis blond. Je suis le président Pan, et pan, pan… dans ta…
Avec Pan !, il [Thibaut Wenger] livre une adaptation ludique, déroutante et jubilatoire de l’œuvre du Berlinois Marius von Mayenburg. (…) Écrit rageusement au lendemain de l’élection de Trump, ce texte est un Pulp Fiction théâtral. (…) Un délice pour le spectateur.
PointCulture, Jean-Jacques Goffinon, 22 octobre 2020 > Lire l’article <

Presse audiovisuelle

Musiq3, François Caudron, interview d’ Emile Falk-Blin, 16 octobre 2020 > écouter l’interview <

Radio Panik, Le Varia fait sa Chronik, Chronique de Paul Hermant, 15 octobre 2020  (retranscription en bas de page)

RCF, Delphine Freyssinet, interview de Thibaut Wenger, 12 octobre 2020

La chronique de Paul Hermant

Il y a des choses qui arrivent à point nommé et d’autres qui viennent avant même que le point soit nommé. Il y a ainsi des spectacles qui sont contemporains de leurs propres histoires – ce qui est déjà bien complexe – mais il y a aussi des spectacles qui sont « trop » contemporains de notre propre histoire – ce qui l’est encore plus. Et là, avec PAN !, c’est dans le mille, si j’ose dire.

PAN !, dans le mille, notre compte est bon !

Ça commence de façon virevoltante, dans une salle de maternité elle aussi bien mal nommée. Ça se termine par une résurrection, car même la mort ne met pas fin au désastre de vivre, et entre le début proposé et la fin supposée de la pièce, on ne sait pas quoi faire de cette terrible médiocrité méchante qui nous est montrée.

C’est terrible ce qui nous arrive dans cette salle. On y voit ce qu’on voit pourtant tous les jours mais condensé en deux heures. Cette trivialité que je croise pour ma part à chaque minute qui passe, sur les réseaux sociaux, voilà qu’elle explose en pétarade incessante dans une sorte de vulgarité néanmoins châtiée. C’est ce qu’on pourrait qualifier de pièce d’une « trollerie » absolue car tous les trolls du monde sont venus ici se donner la main.

Mais qu’est-ce qu’elle est bien écrite, pour une fois, la médiocrité de la pensée ! C’est même assez perturbant qu’elle puisse l’être autant car la langue est puissante à défaut d’être aimable. Et cela participe à l’installation de ce malaise constant qui ne nous lâchera pas tout au long de la représentation. Et j’insiste ici sur la justesse de ce mot dans ce contexte : nous assistons bel et bien à une représentation. À quelque chose que l’on nous présente à nouveau donc. Il y a des situations que l’on revoit, il y a des noms qui nous repassent dans la tête, Dutroux, Weinstein, Trump, Bolsonaro, Berlusconi, peut-être encore plus que les autres avec lesquels nous avons appris à être les voyeurs de notre propre déchéance.

Au début du spectacle, Ralf Pan, qui se présente à nous de façon trop polie pour être honnête, nous annonce que son nom signifie « pain ». Et pan !, pain !, pan !, c’est comme si une ambulance nous emportait à travers toutes les exploitations, toutes les prédations, toutes les dominations, toutes les racisations à l’œuvre sur la planète. 

Un spectacle où le mot capitalisme, que je m’en souvienne, n’est jamais prononcé, et où il est pourtant omniprésent. La permanence du consumérisme flattant le narcissisme, et le patriarcat régnant en maître et déployant toute son agressivité. « Que serions-nous sans la violence faite aux femmes ? », entend-on dans le spectacle, vaut très franchement une leçon de choses politiques.

Mais pourquoi alors est-ce que je vous ai dit en commençant que cette pièce me paraissait presque trop actuelle ? Eh bien, la question que je me suis posé pendant tout le spectacle était celle du report dû au covid. PAN ! était programmé pile au moment du confinement et j’imagine que sa réception en temps, disons, normaux, aurait été fort différente de ce à quoi nous sommes confrontés aujourd’hui.

Aujourd’hui, la pièce semble être redondante avec ce qui nous arrive. Il y a six mois, elle aurait annoncé ce que nous vivons aujourd’hui. C’est presque déjà une archive. C’est invraisemblable que j’aie à écrire des choses comme ça, là maintenant. Ce temps-là n’est pas celui auquel nous étions habitués. Qu’il passe, on le sait bien, mais qu’il nous dépasse nous surprend et nous sidère.

C’est pourquoi il s’agit d’une pièce compliquée à applaudir. Parce que, qu’est-ce qu’on applaudirait, n’est-ce pas, sinon le triomphe de ce qui nous tue ? Eh bien, je vais vous le dire : on applaudit les comédiennes et les comédiens, toutes et tous à mettre dans la même casserole à pression. Car en plus d’être politique, c’est une pièce très physique, avec des permutations de rôles et de vêtements incessantes. Et toutes et tous réussissent à tenir debout sur cette scène qui s’effondre sous nos yeux. Ils sont toutes et tous impeccables dans leurs rôles et fonctions. Et c’est là, sans doute, qu’on aperçoit ce qui pourrait bien être un petit bout de notre tunnel : dans le bonheur de jouer malgré tout. Bonheur. Jouer. Malgré tout !

Cela nous ferait presque oublier que nous sommes à peine deux semaines avant le 3 novembre, et que c’est bientôt l’élection de monsieur univers… Malgré tout. Et PAN !

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