• Lieu: Grand Varia
  • Public: Tout public (10 ans et +)
Les horaires
  • Le mardi 26/01 à 20h30

  • Le mercredi 27/01 à 19h30

  • Le jeudi 28/01 à 20h30

  • Le vendredi 29/01 à 20h30

  • Le samedi 30/01 à 20h30

Prenez des chansons inoubliables qui parlent d’amour, celui qui dure un jour, celui qui dure toujours. Ajoutez des passages de Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes.

Mélangez le tout avec quatre excellents comédiens qui chantent en playback et obtenez un cabaret de vie et d’amour troublant, tendre et cruel, qui parle de vous, de nous, de moi, d’elle ou de lui…

A voir ou revoir au Grand Varia les 28, 29 et 30 janvier 2021. Avec sur scène : Delphine Bibet, Thierry Hellin, Catherine Mestoussis, Alexandre Trocki. 

Quand les chansons populaires racontent en playback nos rôles amoureux

Extraits de la critique de Marie Baudet
Avril 2019 – La Libre Belgique

Playback d'une histoire d'amour, Delphine Bibet

Delphine Bibet, comédienne, conceptrice et metteuse en scène, et Alexandre Trocki, grand interprète. © Marie-Françoise Plissart

« Le langage est une peau, des doigts au bout des mots… »

(…) Delphine Bibet arpente nos scènes – et d’autres – depuis une vingtaine d’années. Comédienne, elle épouse les univers de metteurs en scène aussi divers que Jean-Claude Berutti, Lorent Wanson, Benno Besson, Aurore Fattier ou Françoise Bloch, et travaille aussi pour le cinéma, la télévision, ou comme pédagogue. Passionnée par le laboratoire qu’est un spectacle en création, l’actrice s’est lancée dans la conception et la réalisation d’un premier projet.

 

 

Un coup d’essai diablement réussi

Créé au Théâtre de Namur et présenté au National (mars-avril 2019), Playback d’histoires d’amour est un coup d’essai diablement réussi, fort d’une franche et tendre humanité, mais aussi d’une dramaturgie subtile, d’un soin extrême porté au visuel, au son, à la sensation. Et d’un casting d’exception.

Pour cette création, Delphine Bibet s’est entourée de Thierry Hellin, Catherine Mestoussis et Alexandre Trocki, acteurs aux personnalités bien trempées et à la palette large, interprètes typés mais doués d’une souplesse infinie.

En guise de premier playback, un claquement de talons, des pas qui s’approchent. L’espace révèle le périmètre, bordé de projecteurs, d’un music-hall vaguement décati. Nous voici conviés de plain-pied au cabaret des cœurs battants, meurtris ou pleins d’espoir. Dans l’entre-deux des jours et des nuits, du spectacle et de la vie, de la bluette et de la sémiologie.

Épouser les failles

Car c’est bien dans ces anfractuosités que se cristallise tout le sel du spectacle. Pourquoi trancher entre Jane Manson et Roland Barthes ? Entre « Parlez-moi de lui  » par Dalida et Fragments d’un discours amoureux ? Qu’est-ce qui, du refrain entêtant ou de l’essai savant, exprime le mieux les états du cœur ?

Playback d’histoires d’amour ne résout pas plus cette question qu’il ne compte les points. Son fil, c’est la justesse, la fidélité d’un reflet de soi, la profondeur d’un écho, les contours d’un souvenir. Ce sont les failles aussi, épousées plutôt qu’esquivées.

Rencontre, fusion, attente, désillusion, jalousie, conflit : tout y est, sans pour autant se réduire à un inventaire.

Tout y est, par le biais de rengaines de jadis ou d’aujourd’hui, de Nicole Croisille à Arthur H, d’Adamo à Mike Brandt, de Françoise Hardy à Nino Ferrer, Joe Dassin ou Diane Dufresne. Pour les camper, les corps sont là, intenses présences pourtant portées au-delà d’elles-mêmes, dans un très beau travail d’attitudes plus que de mimétisme.

Les sons, le souffle

Playback d'une histoire d'amour, Delphine Bibet

« Je n’ai pas peur de dire que je les aime », dit Catherine Mestoussis à propos des chansons de variété. « Elles vont droit au cœur. C’est bien souvent un cri, un appel, une déclaration… C’est pour moi de la poésie que tout le monde comprend. » © Marie-Françoise Plissart

Loin des vaines intentions auxquelles ils se réduisent parfois, l’humour et l’émotion se forgent ici une place légitime, là où s’esquisse, avec pertinence et légèreté, une réflexion sur l’identité et le travestissement, les rôles qu’on endosse sur scène ou dans une relation. 

Outre le son et sa spatialisation, remarquables, on goûte le rapport au silence, au creux, au souffle qui traverse cet espace-temps. Une telle entreprise se réussit aussi par la juste combinaison des talents : Aurore Fattier comme œil extérieur, Vincent Lemaire à la scénographie, Guillaume Toussaint Fromentin aux lumières, Éric Ronsse à la création sonore, Isabelle Deffin aux costumes, Urteza Dafonseca et Céline Yetter au maquillage et aux perruques, Vincent Dunoyer au travail corporel. Des fragments, un tout.

Un spectacle très réussi

Extraits de la critique de Dominique Mussche
Avril 2019 – RTBF Culture

Dalida et Barthes sur la même longueur d’ondes dans un premier spectacle très réussi. (…) A l’origine de cette création : un atelier de Joël Pommerat sur le playback d’une chanson d’amour, « Elle était si jolie » d’Alain Barrière. « Sensation forte de créer une personne d’une identité sexuelle différente de la sienne, de s’approprier une autre voix, un autre souffle, l’histoire d’une autre personne au travers d’une chanson d’amour … ».

Ce sont les mots de Delphine Bibet pour définir le trouble éprouvé à ce jeu théâtral ambigu. (…) De Dalida à Arthur H en passant par Adamo, Françoise Hardy, Diane Dufresne ou Jo Dassin, ils sont tous convoqués ici pour nous parler de rencontre, d’absence, d’attente, de jalousie, de larmes ou de l’art d’esquiver les coups quand on est une boxeuse amoureuse …

(…) Delphine Bibet, elle-même sur le plateau, s’est choisi trois magnifiques complices, à la palette large, et doués de ce grain de folie et d’humour indispensables pour donner vie à ce cabaret désuet, entre distance ironique et émotion vraie. En un quart de tour, ils changent d’identité sexuelle, deviennent divas d’un soir en robe à paillettes ou costard pimpant, nettoyeur ou clients fantomatiques noyés dans leurs souvenirs.

Mais l’idée la plus audacieuse de Delphine Bibet est d’avoir associé à ces chansons un des livres phares de Roland Barthes : Fragments d’un discours amoureux. Dans la mesure où l’écrivain explore l’expérience amoureuse et ses liens avec le langage, pourquoi en effet ne pas le faire dialoguer avec ces chanteurs qui racontent, avec leurs mots, les mêmes histoires ? Le spectacle est construit comme un subtil entrelacs de réflexions, de chansons en playback ou fredonnées au naturel, de dialogues amoureux chuchotés, de situations esquissées. Des corps se cherchent, pathétiques parfois. On rit, on sourit et on est touchée aussi … parce qu’on s’y projette, un peu, beaucoup, dans ce cabaret de l’amour et de la vie. (…).

Playback d’histoires d’amour ou le ringard élevé au rang d’art

Extraits de la critique de Catherine Makereel
Mars 2019 – Le Soir

Playback d'une histoire d'amour, Delphine Bibet

© Marie-Françoise Plissart

(…) Qui n’a jamais fait son numéro de playback sur une chanson culte ? Qui n’a jamais joué les femmes fatales sur un morceau de Beyoncé ou les crooners à la voix éraillé sur un tube de Louis Armstrong ? Devant son miroir ou lors d’une soirée imbibée ? Allez, ne soyez pas timide, avouez ! Plus qu’un truchement grossier, le playback, c’est une expérience sociologique, un révélateur psychologique, une manière de se mettre soudain dans la peau d’un autre, de se lâcher, d’entrer dans une autre dimension, de s’approprier une histoire moins banale et beaucoup plus spectaculaire que la vôtre.

Pour sa première mise en scène, Delphine Bibet s’est penchée sur ce penchant régressif avec humour. En puisant dans le répertoire de la chanson française, Playback d’histoires d’amour réhabilite cette pratique légèrement honteuse qui consiste à synchroniser ses lèvres avec la voix enregistrée d’un chanteur ou d’une chanteuse en faisant semblant d’être eux. Quelle meilleure façon de parler d’amour que de creuser le potentiel mélodramatique du playback et ses méthodes de faussaire tout en sublimant quelques mélopées célèbres comme « L’été indien » de Joe Dassin, « Avec le temps » de Léo Ferré, « Message personnel » de Françoise Hardy ou « Si tu m’aimes encore » de Nino Ferrer ? A cela s’ajoutent des extraits des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes.

(…) Méconnaissables sous leurs perruques et fanfreluches invraisemblables, les comédiens s’en donnent à cœur joie dans les poses théâtrales et les incarnations de diva. Mélancoliques, grisés, aguicheurs ou désespérés, Delphine Bibet, Thierry Hellin, Catherine Mestoussis et Alexandre Trocki s’emparent corps et âme de Jane Manson, Nicole Croisille ou Mike Brant, tantôt en furieux playback tantôt en dialogues chuchotés. Tendrement pathétiques, follement dramatiques et absurdement attachants.

 


 

Quelques liens pour aller plus loin dans l’univers du spectacle Playback d’histoires d’amour

-> Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes

© Marie-Françoise Plissart

AVEC Delphine Bibet, Thierry Hellin, Catherine Mestoussis, Alexandre Trocki
CRÉATION LUMIÈRE Guillaume Toussaint Fromentin
CRÉATION SON Eric Ronsse
CRÉATION COSTUME, CRÉATION SILHOUETTE Isabelle Deffin
CRÉATION MAQUILLAGE, PERRUQUE Urteza da Fonseca
ASSISTANAT PERRUQUE Céline Yetter
SCÉNOGRAPHIE Vincent Lemaire
AIDE À LA CHORÉGRAPHIE Vincent Dunoyer
RÉGIE LUMIÈRE Krystel Okwelani
RÉGIE PLATEAU Alfred Serghini
RÉGIE GÉNÉRALE Julien Soumillon
INTENDANCE RYTHMIQUE, ŒIL EXTÉRIEUR Aurore Fattier
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Diane Jacquier
MISE EN SCÈNE, ADAPTATION Delphine Bibet

Une création de Delphine Bibet en coproduction avec le Théâtre de Namur et le Théâtre National Wallonie-Bruxelles.
Production Théâtre de Namur.

Le spectacle a été créé le 12 mars 2019 au Théâtre de Namur.

© Marie-Françoise Plissart

 

Au cabaret des cœurs brisés, on chante
Playback suscite une empathie rare, une implication du spectateur qui revit ses propres histoires par substitution, du rire franc
aux larmes naissantes, du coup de foudre à la mélancolie.
Focus Vif, Nicolas Naizy, 23 mars 2019

Quand les chansons populaires racontent en playback nos rôles amoureux
Un coup d’essai diablement réussi, fort d’une franche et tendre humanité, mais aussi d’une dramaturgie subtile, d’un soin extrême porté au visuel, au son, à la sensation. Et d’un casting d’exception.
LaLibre.be, Marie Baudet, 1er avril 2019

Ultra modernes solitudes
Delphine Bibet, jouant de l’ensemble des codes de la synchronisation labiale, contraint ses comédiens (et elle-même) à des performances inouïes
L’Echo, Valérie Colin, 2 avril 2019

Playback d’histoires d’amour ou le ringard élevé au rang d’art
Projecteurs éblouissants, boules à facettes, rideaux de lamelles pailletées, costumes grandiloquents, strass à gogo : la mise en scène appuie sans vergogne sur un décorum extravagant, délicieusement décalé par des personnages divinement ringards.
LeSoir.be, Catherine Makereel, 20 mars 2019

« Playback d’histoires d’amour » au Théâtre National
On rit, on sourit et on est touchée aussi … parce qu’on s’y projette, un peu, beaucoup, dans ce cabaret de l’amour et de la vie.
RTBF.be, Dominique Mussche, 2 avril 2019

Partager la page