PRÉ

 

 Making of de « Pré »
(1ère partie)


La deuxième partie est à découvrir, sur ce blog, dans la première lettre ouverte de la Clinic Orgasm Society.

PRE parle du sexe féminin, de ce nu, de cette origine du monde…

C’est beau l’origine du monde. Sauf que celle de la Clinic Orgasm Society, la bien-nommée dans le spectacle qui nous occupe, n’a  rien de Courbet. Elle ne montre pas cette beauté qu’on reconnaît communément au tableau du peintre …  La Clinic Orgasm Society prend le sexe féminin dans une vision plus actuelle, plus crue et plus brute, plus monstrueuse aussi, et qui n’est pourtant exempte ni de romantisme, ni de drôlerie, ni de férocité. Le tout offert dans un dispositif visuel et sonore que le collectif pluridimensionnel va trouver dans les vastes possibilités qu’offre aujourd’hui la technologie.

La Clinic Orgasm Society ne peint pas un tableau. Elle lorgne, un peu à la façon Monty-Python, du côté du « con » et des maladies qu’il suscite. Elle raconte la tragique histoire de Lala Ferrero, une  femme monstrueuse dont la  malformation physique répond plutôt aux critères de la mode et qui lui garantit un succès énorme : un sexe surdimensionné et poilu qui suscite en permanence le désir, l’orgasme, la jouissance, le plaisir et sur lequel tous les regards et caméras sont tournés. L’anatomie de Lala est comme une fente ouverte sur le monde, un trou dans lequel tout peut s’engouffrer comme dans un abîme et duquel rien ne sort d’autre que des secrétions. Lala est organique et  ça se sent à des kilomètres à la ronde.  Elle est à la fois une gêne et un plaisir. Une attirance et une répulsion. Une sorte d’éléphant-Woman.

Lala est consciente de ce que produit chez l’homme, cet endroit de son corps qui la représente tout entière, et elle détient  avec  lui un super pouvoir, quelque chose qui attire et qui effraie à la fois, aussi bien elle que les autres. Avec son anatomie, elle peut mettre le monde à ses pieds. Son « con » est prêt à toutes les quêtes et les conquêtes et elle n’a qu’à le suivre. C’est dans tous les cas ce qu’il lui dit, car ils parlent ensemble. Elle n’a qu’à appuyer sur le bouton. Allez Lala. Oh Lala …  Imagine comme ce serait beau un monde qui serait en perpétuelle fornication ? Mais tandis que le monde fornique à travers l’image hypersexuée de son corps, Lala est seule et toujours vierge. Comme quoi, une Lala peut en cacher une autre.

Car malgré son apparence, Lala n’a pas envie que le train lui passe dessus, d’autant s’il peut en cacher un autre. Elle n’a pas envie d’être écrabouillée, ni  de s’enfiler la chaîne. Elle rêve au contraire du maillon fort et de la solidité de l’anneau. Elle a encore en elle ce côté bleuet, encore ado, auquel s’accroche un relent de romantisme : cette difficulté d’être, cette complexité existentielle des enfants du siècle,  ce besoin de consolation qu’elle aimerait rassasier dans de tendres bras et où elle pourrait se laisser aller à être elle-même. Elle n’est pas aussi « con » qu’elle paraît. Elle est un être humain avec ses odeurs qui ne sont pas toutes bonnes à sentir. Certaines sont rédhibitoires pour le désir, comme la pousse, la morve et la courbature le sont pour la vente d’un cheval. Mais quelle odeur a l’amour ? Le bonheur n’est pas toujours dans le PRE … 


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