Rêver le monde est un projet qui suscite l’engagement citoyen et qui mobilise le théâtre, la philosophie et l’éloquence. Il est destiné à 4 classes de deux écoles différentes, réunit plusieurs partenaires et s’articule autour de plusieurs spectacles. En partenariat avec YoungThinkers et les Ambassadeurs d’Expression Citoyenne, et avec le soutien de la COCOF, il consiste à réfléchir ensemble au monde de demain et à questionner l’utopie.

Après l’épisode 1 mené par les Young Thinkers qui a conduit les élèves des classes de Madame Van Zeebroeck de l’Institut Saint Boniface et de Madame Hocq et Monsieur De Bock de l’Institut de l’Enfant Jésus à s’approprier les outils de la philosophie pour réfléchir au monde de demain, c’était au tour des Ambassadeurs d’Expression Citoyenne de prendre le relais et d’initier ces mêmes élèves à l’art de l’éloquence et de l’expression orale.

« Exprimer ses pensées : entre ce qu’on pense, ce qu’on dit et comment on le dit »,
était le terrain d’expérimentation du premier atelier.

les 3V : le Verbal, le Vocal et le VisuelL’expression orale demande une conscience de soi, et notamment une conscience de son corps dans l’espace, et de son impact dans la communication avec son interlocuteur-trice. Pour sensibiliser les élèves à cette dimension, les Ambassadeurs ont proposé aux élèves différents exercices pratiques qui s’appuient tous sur la théorie des « 3 V » développée par Albert Merhbian :  toute communication est composée du Verbal (les mots), du Vocal (le son) et du Visuel (le corps). Les mots jouent un rôle important, mais le corps et la voix jouent un rôle plus grand encore.

C’est sous la forme du jeu théâtral et tout en finesse que les élèves ont appris à occuper l’espace, à s’ancrer dans l’instant présent, à créer une relation avec les autres, à jouer avec les silences et l’intonation.

Grâce aux retours subtils et bienveillants des Ambassadeurs, et dans une ambiance à la fois douce et dynamique, ils ont découvert leur langage corporel et comment ils peuvent en faire une force au service de ce qu’ils ont à dire.

Après cette exploration du non verbal, les élèves ont pris la parole au cours d’un exercice pratique. Ils devaient prendre position et argumenter sur les sujets suivants : « Faut-il supprimer l’obligation scolaire ? » « Faut-il balancer son voisin ? » « Sommes-nous tous égaux ? » …

« Ne pas avoir le choix de sa position pour nuancer sa perception d’un sujet »

Expression oraleCe deuxième atelier a pour particularité que les élèves ne se positionnent plus selon qu’ils sont pour ou contre les questions posées, mais qu’ils apprennent à se décentrer. Peu importe leur point de vue. L’essentiel est d’être attentif à ce qui se passe et à ce qui se dit pour réagir. Le but de l’atelier est d’affûter à la fois l’écoute et l’expression de ses idées.

De cette manière, au fur et mesure du déroulement des exercices, la prise de parole évolue tant sur le fond que sur la forme. Les singularités de chacun sont peu à peu mises en avant. Chaque intervention est décortiquée avec une extrême prévenance pour permettre à la suivante de progresser.

La joute verbale.

Joute verbaleUne fois que les élèves ont acquis les principes des exercices, ils doivent se livrer à une joute verbale en conclusion de l’animation.

Les équipes « pour » et « contre » sont formées de manière aléatoire.  Les élèves se concertent entre eux pour développer l’argumentaire de défense… La joute démarre alors. Le sujet était « La parole est-elle une arme ? »

Chacun prend soin d’appliquer les outils expérimentés : couper les « euh » de fin de phrases, capter les regards de ceux qui écoutent, utiliser les silences pour structurer les pensées, développer les différents types d’arguments et élaborer le chemin de l’argumentation …

Comme le disait Montaigne, « la parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute ».

Rendez-vous prochainement pour l’épisode 3 avec l’équipe artistique du spectacle « Faire quelque chose (c’est le faire, non ?) » mis en scène par Florence Minder.

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