« Rêver le monde » est un projet qui suscite l’engagement citoyen et qui mobilise le théâtre, la philosophie et l’éloquence. Il est destiné à 4 classes de deux écoles différentes, réunit plusieurs partenaires et s’articule autour de plusieurs spectacles. En partenariat avec YoungThinkers et les Ambassadeurs d’Expression Citoyenne, et avec le soutien de la COCOF, il consiste à réfléchir ensemble au monde de demain et à questionner l’utopie.

Afin d’alimenter les ateliers philosophiques des YoungThinkers (épisode 1) et les ateliers d’éloquence des Ambassadeurs d’Expression Citoyenne (épisode 2), nous avions prévu d’aller voir avec les élèves deux spectacles de la saison 20-21 : « Science-Fictions » de Selma Alaoui et « Faire quelque chose (c’est le faire non ?) » de Florence Minder.

La fermeture des salles de spectacle en raison du contexte sanitaire a malheureusement empêché les élèves des classes participantes d’assister à la représentation de « Faire quelque chose (c’est le faire non ?) ».  Qu’à cela ne tienne, Florence Minder, la metteure en scène du spectacle, est allée à leur rencontre, en classe, avec une partie de son équipe : Médéa Anselin, assistante à la mise en scène  et Ninon Borseï, comédienne. Elle a partagé avec les élèves sa démarche artistique et ceux-ci ont pu profiter de cette porte d’entrée théâtrale pour mettre leurs pensées en mouvement et leurs corps en action.

Pourquoi fait-on ce qu’on fait ?

ateier capacité d'actionFlorence Minder a imaginé un atelier où les élèves pouvaient explorer la notion de capacité d’action par un travail du corps dans l’espace.

Pour amorcer ce travail, les élèves se sont posés une question, celle qui a guidé la création du spectacle : c’est quoi être aux prises avec sa capacité d’action ? Que signifie « passer à l’action » ? 

Les réponses et les échanges qui en ont découlé leur ont permis de faire connaissance avec les sept personnages du spectacle qui représentaient chacun une forme de capacité d’action : résister, perturber, détourner, chercher à faire sens, ou encore remettre en question… Au fil de la discussion, Rosa Parks, La fille à la fleur ou encore Colin Kaepernick ont été convoqués pour illustrer ces différentes manières d’agir dans la vie réelle. 

« Commencer toujours où vous êtes, et non où vous pensez que vous devriez être. Commencer à la terre et finir à la terre. »
Starhawk,  philosophe américaine

Faut-il réellement faire de « grandes choses » pour changer le monde ? Quand nous croyons que nous sommes dans l’impossibilité d’agir, le sommes-nous vraiment ?

redécouvrir l'espaceEt si, à l’instar de la pensée de Starhawk, changer les choses commençait de l’endroit où nous sommes ? Et s’il fallait d’abord modifier notre perception de là où nous nous trouvons à cet instant : La classe…

L’équipe artistique a proposé aux élèves de redécouvrir sous un regard nouveau cet espace qu’ils côtoient quotidiennement. Ils ont déambulé dans la classe pour adopter différents points de vue en étant attentifs à leurs sens (ce qu’ils voient, entendent, sentent, …). Sur base de cette expérience, les élèves ont partagé leurs ressentis, tantôt étonnés, tantôt apaisés ou encore amusés. Ils se sont également interrogés : «  Est-ce que percevoir c’est agir? ».

«Perceptions et capacités d’action : le point du vue du corps pour penser et  agir»

Pour conclure l’atelier, les élèves ont expérimenté l’influence de la perception et de l’imaginaire comme guide de nos actions. Un espace de la classe a été délimité et s’est transformé le temps de l’exercice en scène de théâtre. 

La classe se transforme en scène de théâtreLes élèves ont été amenés petit à petit à  positionner leur corps dans ce cadre pour construire de nouveaux récits. L’espace a été réinventé à chaque nouvelle proposition créant des univers singuliers allant du poétique au subversif en passant par l’absurde ou encore le contemplatif.

Ils ont joué avec les différentes capacités d’action présentées au début de l’atelier et ont cherché à faire sens, détourner, perturber, visibiliser, ou encore, remettre en question le cadre contraint proposé.

Comme le disait Goerges Brassens : « La contrainte suscite l’imagination » et ouvre des possibilités infinies d’agir.

 

Nous tenons à remercier l’Institut Saint Boniface et l’Institut de l’Enfant Jésus pour leur accueil chaleureux. Merci aux enseignant.e.s Madame Van Zeebroek, Madame Hocq, Monsieur Debock, Monsieur Di Lena et Madame Gonze pour leur précieuse collaboration. Merci aux élèves pour leur participation et d’avoir partagé avec nous leurs imaginaires.

Merci à Florence Minder, Médéa Anselin et Ninon Borsei d’avoir imaginé l’atelier « Perceptions et capacités d’action » pour faire vivre aux élèves la démarche de leur spectacle. A défaut de l’avoir vu, ils ont pu malgré tout explorer leurs capacités d’action en utilisant leur corps et leur imagination pour construire de nouveaux récits.

Rendez-vous au prochain épisode : La balade de(s) sens

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