• Lieu: Grand Varia
  • Public: Tout public (16 ans et +)
Les horaires
  • Le mardi 06/10 à 20h30

  • Le mercredi 07/10 à 19h30

  • Le jeudi 08/10 à 20h30

  • Le vendredi 09/10 à 20h30

  • Le samedi 10/10 à 20h30

  • Le mardi 13/10 à 20h30

  • Le mercredi 14/10 à 19h30

  • Le jeudi 15/10 à 20h30

  • Le vendredi 16/10 à 20h30

  • Le samedi 17/10 à 20h30

  • Le mardi 20/10 à 20h30

  • Le mercredi 21/10 à 19h30

  • Le jeudi 22/10 à 20h30

Imaginons la vie dans 100 ans. Le monde a connu de grands bouleversements et les humains ont réorganisé leurs sociétés pour apprendre à vivre autrement. La capacité d’imagination est devenue une force pour trouver un équilibre, la création de fictions un exercice quotidien.

A voir au Grand Varia, du 6 au 22 octobre, avec Selma Alaoui, Olivier Bonnaud, Jessica Fanhan, Achille Ridolfi, Eline Schumacher

 

Décor de science-fiction

© Filippo Minelli

Un vieux film d’anticipation retrouvé

Dans cette société low-tech, où le récit oral et les rites magiques tiennent une place de choix, quatre individus retrouvent les fragments d’un film qui date de 2020. Tourné selon les canons de l’époque, il montre une vision du futur à la fois amusante et incongrue, ultra-technologique et peuplée d’humanoïdes, très éloignée de ce qu’en cent ans, le monde est devenu. Le groupe décide alors de réinterpréter les bouts de ce film. Par passion pour la fiction, et pour rendre hommage à ces humains qui les ont précédés.

En jouant avec les codes de la science-fiction, Selma Alaoui tente l’aventure encore trop rarement éprouvée sur un plateau de théâtre d’écrire une fable futuriste qui interroge les angoisses et les espoirs que l’avenir suscite en nous. Pour cela, elle s’inspire librement de la pensée d’Ursula K. Le Guin, romancière américaine célèbre pour son exploration singulière et subversive du genre SF.

Comment imaginer le futur ?

A quoi ressemblera le monde dans dix ans, vingt ans, cent ans ou davantage ? Nul ne peut bien sûr le savoir, mais imaginer le futur a toujours été un terrain fertile de fabulation et de fiction.

Il nourrit notamment la science-fiction sous toutes ses formes d’expression. Celle-ci, autrefois considérée comme un genre mineur, est aujourd’hui de plus en plus vogue car elle est devenue est un formidable capteur de nos angoisses et de nos anxiétés face à un avenir de plus en plus incertain.

Pour tenter de trouver une réponse aux dangers diffus et protéiformes qui menacent la planète et survivre à un effondrement plus ou moins imminent de nos modèles d’existence, la science-fiction offre tantôt une face sombre qui peut être terrifiante, tantôt une face solaire plus souriante. Pour survivre aux dangers ou les vaincre, l’humanité se bat, réfléchit à un destin commun, invente des nouveaux systèmes, crée des utopies désirables. Elle rejoint en cela les théories de la collapsologie qui s’appuie d’ailleurs sur elle pour étayer ses propos. La science-fiction comme la collapsologie ne cherchent pas tant à nous effrayer qu’à nous remettre en question.

Dès lors qu’il s’agit de reconstruire sur les ruines, autant saisir cette opportunité comme une deuxième chance. Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux mythes et nouveaux récits, inventer ? Comment réenchanter le monde ?

A quoi ça sert tout ça ?

Décor de science-fiction

« A quoi ça sert tout ça ? » me dit-il. « Les dragons, les hobbits, les petits hommes verts, ça sert à quoi ? ». Malheureusement, il n’écoutera pas la réponse, même la plus sincère. (…) La réponse un petit moins sincère mais tout aussi importante, et qu’il ne voudra pas plus entendre, serait-celle-ci : « La littérature d’imagination sert à approfondir votre compréhension du monde dans lequel vous vivez, et des autres hommes, et de vos propres sentiments, et de votre destinée. » Mais j’ai bien peur qu’à cela il réponde : « Ecoutez, j’ai été augmenté l’année dernière et ma famille ne manque de rien, nous avons deux voitures et une tv couleur. Je crois que je comprends très bien le monde, merci. »
Et en fait, il a parfaitement raison, et je n’ai rien à redire, si c’est qu’il veut, et s’il ne veut rien de plus. »

(Ursula K. Le Guin In Le langage de la nuit. Essais sur la science-fiction et la fantasy.  Ed Aux Forges de Vulcain, 2016)

Ursula K. Le Guin, une autrice à la frontière des genres

Acclamée par Stephen King, Michael Chabon, Margaret Atwood, Neil Gaiman, Ursula K. Le Guin (1929-2018), dite « la dame aux 50 livres » est internationalement reconnue pour son œuvre. Récompensée par les plus grands prix américains qui couronnent le genre de la science-fiction (Hugo, Nebula, Locus), par le Grand Prix français de l’imaginaire, et plusieurs fois nommée comme possible lauréate au prix Nobel de littérature, elle a navigué toute sa vie à la frontière des genres avec audace et liberté.

Dès 1960 où elle arrive dans le milieu, elle occupe une place à part. Ardente féministe, elle combat autant la misogynie d’un entourage littéraire exclusivement masculin que les stéréotypes du genre qui présentaient les femmes comme des « poupées qui couinent tandis qu’elles se font violer par des monstres ; ou comme de vieilles scientifiques célibataires, devenues asexuées par l’hypertrophie de leurs organes intellectuels ; ou, au mieux, comme les épouses dévouées ou les maîtresses fidèles du grand héros ».

Raisonnement subversif et imagination utopique

Elle fait partie, comme Philip K. Dick, des visionnaires de la littérature. Ses textes sont une critique de la société faite à la main de « l’homme », dominée par l’attrait du pouvoir et de la destruction sous prétexte d’utopie et de course au progrès technologique.

Son raisonnement, dit-elle, « est simplement subversif. Il semble que l’imagination utopique soit prise au piège, comme le capitalisme, l’industrialisme et la population elle-même, dans un avenir à sens unique, exclusivement fondé sur la croissance. Tout ce que j’essaie de faire, moi, c’est de trouver comment placer un obstacle sur la voie ».

Ses romans développent des hypothèses, pensent des sociétés, imaginent des mondes et des utopies qui sortent de ce « sens unique ». Son œuvre est un miroir duquel se ‘réfléchit’ notre monde et qui offre une variation de perspectives beaucoup moins univoques et beaucoup plus féministes.

Les Dépossédés

Les Dépossédés est, parmi son œuvre, le roman qui a inspiré Selma Alaoui pour son spectacle.

Paru en 1974, récompensé de plusieurs prix, il est aujourd’hui considéré comme un classique du genre. Il fait partie, avec plusieurs autres romans et nouvelles, du Cycle de l’Ekumen, appelé aussi Cycle de Hain ou La ligue de tous les mondes.

Des dissidents d’Urras se sont installés sur Anarres il y a près de deux siècles, faisant le choix d’une utopie fondée sur la liberté et la coopération. La société d’Annares ne connaît ni gouvernement ni institutions autoritaires coercitives, ni propriété ni argent, mais elle n’est pas pour autant un paradis. La pauvreté, l’aridité de l’écosystème et l’isolationnisme la menacent d’effondrement. Shevek, un physicien hors normes, a des idées pour la faire évoluer. Se heurtant à la majorité de ses compatriotes et de ses collègues scientifiques, il choisit de partir sur Urras d’où sont venus les ancêtres d’Anarres et que la tradition dit est un enfer. Shevek veut comprendre la division des mondes et tenter de les réunir.

Ursula K. Le Guin disait de ce roman qu’il était une « utopie ambiguë ». Nous voyageons dans deux mondes, deux modèles opposés de société, mais qui sont présentés sans l’ombre d’un manichéisme.  A travers les doutes, les choix, les réflexions de Shevek et des nombreux autres personnages du livre, c’est plutôt la nécessité d’une remise en cause perpétuelle que l’auteure nous montre, et ce, de quelque côté du monde que l’on se trouve…

 

Science-fictions en tournée :
Au Théâtre de Liège du 27 octobre au 31 octobre 2020
Au Tangram à Evreux du 16 au 17 avril 2021 (Fr)


 

Quelques liens pour aller plus loin dans l’univers du spectacle Science-fictions

 

-> La vie et l’œuvre d’ Ursula K. Le Guin

-> Théorie de l’effondrement et collapsologie

-> Portrait de Selma Alaoui à l’heure du confinement

->  Les précédentes créations du  Collectif Mariedl

-> Le site du Collectif Mariedl

Autour du spectacle

  • Mardi 13 octobre de 12h40  à 13h30. Lecture-spectacle autour de la science-fiction au féminin au travers des œuvres de Ursula K le Guin & Octavia Butler. Avec la metteure en…

  • Lundi 19 octobre à 14h. Coline Struyf, metteure en scène, autrice, co-fondatrice de Mariedl et professeure à l'INSAS se fait la passeuse de trois textes, lus par les volontaires présent.e.s…

  • Grâce au soutien de la COCOF, les élèves des écoles francophones de la Région Bruxelles Capitale peuvent accéder à un spectacle pour seulement 2.25 € la place. Chaque saison, un…

  • Afin de prolonger le spectacle, d'en comprendre la genèse, la fabrication, les enjeux sous-jacents. Accessible à  5€ sur présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité.  

  • En partenariat avec YoungThinkers et les Ambassadeurs d’Expression Citoyenne, et avec le soutien de la COCOF,  4 classes de deux écoles différentes se rencontrent pour réfléchir ensemble au monde de demain et…

  • "Science-Fictions" mis en scène par Selma Alaoui - Mariedl   "Jimmy n'est plus là" mis en scène par Guillaume Kerbusch - Compagnie Trou de ver  "Brandon" mis en scène par…

Les Photos

© Phile Deprez

Le Speak Dating : « Science-Fictions » raconté par l’équipe artistique

Réalisation : Hypercut Productions

Le Teaser

Réalisation : Bruno Tracq

AVEC Selma Alaoui, Olivier Bonnaud, Jessica Fanhan, Achille Ridolfi, Eline Schumacher, …
CRÉATION LUMIÈRE Giacomo Gorini
CRÉATION MUSIQUE, SON Loup Mormont
CRÉATION COSTUME Emilie Jonet
RÉALISATION VIDÉO Bruno Tracq
SCÉNOGRAPHIE Marie Szersnovicz
RÉGIE GÉNÉRALE David Alonso
CONSEIL ARTISTIQUE Emilie Maquest, Coline Struyf
CONCEPTION Selma Alaoui, Bruno Tracq
STAGIAIRES Emma Gineste (deuxième assistante), Raquel Van Oost (costumes), Elena Blondiau
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Bogdan Kikena
MISE EN SCÈNE Selma Alaoui

 

Une création de Mariedl en coproduction avec le Théâtre Varia, le Théâtre de Liège, La Coop asbl et Shelter Prod . Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service du théâtre. Avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge, de Wallonie-Bruxelles Théâtre-Danse, de la COCOF et de la Loterie Nationale.

Coordination de production Aline Defour

Mariedl est une compagnie associée au Théâtre Varia.

Logo du Collectif Mariedl, artistes associées au Théâtre Varia

© Weird, Cut

 

Presse imprimée

« Science-fictions » zoome sur 2120 pour éclairer le présent
Relié en ses extrémités par une habile pirouette dramaturgique, Science-fictions, pertinente utopie futuriste, balance avec justesse entre légèreté et aplomb, pour éclairer tant nos us et travers actuels que notre vision du progrès.
La Libre Belgique
, Marie Baudet, critique, 12 octobre 2020 > Lire la critique <

En zone de turbulence, création à haut potentiel de résilience
S’écartant rapidement de sa première intention d’adapter Ursula K. Le Guin, Selma Alaoui explore ses champs d’action et de filiation, leurs recoupements avec ses propres préoccupations, jusqu’aux courants écoféministes, nés aux États-Unis dans les années 70 et prolongés par les réflexions de philosophes des sciences comme Donna Haraway, Isabelle Stengers, Vinciane Despret, Bruno Latour.
La Libre Belgique, Arts Libre, Marie Baudet, avant-propos, 30 septembre 2020 > Lire l’article <

Imaginer le futur nous renvoie à nos préjugés
« La science-fiction est un miroir du présent et un champ d’exploration d’autres manières de penser et de vivre ensemble. C’est un genre qui a échappé à beaucoup de contraintes, tout y est permis. » Selma Alaoui
Bruzz, Gilles Bechet, avant-propos, 1er octobre 2020 > Lire l’article <

Bond d’un siècle dans le temps avec Science-fictions
Science-fictions, (…), réussit la performance de conscientiser aux changements nécessaires sans accabler, de soulever les bonnes questions tout en restant léger.
Focus Vif, Estelle Spoto, critique, 7 octobre 2020 > Lire l’article <

Retour vers le futur
« On ne sait pas ce qui va se passer dans l’avenir, mais ça n’empêche pas d’agir, de se préparer. Et peut-être que se préparer, ce n’est pas aller faire des stages de survie dans la forêt, en tout cas pas seulement. C’est peut-être aussi construire un imaginaire autre, déplacer sa pensée, rêver, croire en la magie. Je parle de vraie magie, et pour moi, le théâtre, c’est de la magie. Il n’y a rien de plus faux que ce qui se passe sur une scène de théâtre et tout à coup, on se met tous ensemble dans une salle et on y croit. Si ça ce n’est pas magique ! «  Selma Alaoui
Le Vif/L’Express, Estelle Spoto, focus, 8 octobre 2020 > Lire l’article <

Concordance des temps
Selma Alaoui utilise la vidéo et le théâtre pour soutenir la narration, confronter les esthétiques et les temporalités : des flash-back de notre époque enrichissent cette réflexion sur le futur, qui, avant tout, questionne notre présent.
LM Magazine, Marine Durand, annonce, octobre 2020 > Lire l’article <

Presse web

Une fantaisie poétique et parfois cosmique sur le futur***
Un beau « thème et variations » sur le futur… et le présent où des acteurs/trices passionnés mais parfois sceptiques nous entraînent dans leur jeu avec beaucoup d’élégance.
RTBF.be, Christian Jade, critique, 22 octobre 2020 > Lire l’article <

« Vous préférez la vie sans vase fongique »
Une pièce vraiment bien huilée qui divertit tout en nous faisant réfléchir à travers la représentation d’un futur meilleur. 
Karoo,
Lisa Kruise, critique, 19 octobre 2020 > Lire l’article <

Reconstruire sur les ruines du monde
L’écriture de plateau issue de la confrontation de l’écriture inspirée par les récits d’anticipation aux improvisations des comédiennes et comédiens achève de construire une pièce fictionnelle empreinte de poésie et d’utopie. « C’est un jeu » et manifestement cette espèce humaine désespérée a survécu signe que d’autres mondes sont possibles. Il faut s’en souvenir ou, à défaut, les inventer.
Demandez le programme
, Didier Béclard, critique, 13 octobre 2020 > Lire l’article <

Presse Audiovisuelle

BX1, LCR, David Courier, interview de Selma Alaoui, 14 octobre 2020

LCR

Radio Campus, interview de Selma Alaoui par Flora Six, 18 septembre 2020

Radio RCF, interview de Selma Alaoui par Delphine Freyssinet, 28 septembre 2020

Radio Campus, Un rond dans un carré, Isabelle Mbuyamba, 13 octobre 2020

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